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Nouvelle-Calédonie : la construction d’un crématorium double les capacités d’incinération


Jeudi 19 Septembre 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Vieillissant, trop petit, inadapté. L’actuel crématorium ne faisant plus l’affaire au vu de l’augmentation du nombre de crémations et de l’évolution des normes, la mairie de Nouméa a décidé d’en construire un nouveau au cimetière du 6e km. Jusqu’alors déléguée à l’entreprise Cinéris, la ville a récupéré la gestion de la structure le 1er avril, la convention qui les liait arrivant à terme. Avec pour objectif d’améliorer le service à la population et de le rendre plus accessible en diminuant son coût. Car la crémation est de plus en plus sollicitée. "Leur nombre ne cesse d’augmenter. Il est passé de 380 en 2017 à 420 environ en 2018", indique Marc-Olivier Vergé, secrétaire général adjoint en charge de la vie locale à la mairie.
La pratique commence à entrer dans les mœurs. "Aujourd’hui, c’est moins bloquant par rapport aux croyances, on reçoit des demandes émanant de personnes de toutes origines", poursuit Marc-Olivier Vergé. En mars, la mairie a donc entamé le chantier de réalisation d’un crématorium plus grand. "L’actuel a une vingtaine d’années d’existence, l’outil est devenu obsolète et énergivore." Ses capacités seront doublées. "Avec le nouveau four, on pourra procéder à six, voire huit crémations par jour, contre trois aujourd’hui, annonce le secrétaire général adjoint. Et on souhaite proposer un site mieux aménagé."

Aux normes et moins cher

D’une surface de 400 m2, soit deux fois plus grand qu’actuellement, la structure comprendra une salle de remise des urnes, deux salles de visionnage, ainsi que des locaux techniques dédiés au personnel. "Le confort sera davantage pris en compte. La salle de visionnage est une demande des familles." Le traitement des fumées sera également mieux assuré. Une obligation. "Il y aura des filtres, afin de répondre aux normes environnementales européennes." Outre le bâtiment, d’autres aménagements sont compris, dont la réhabilitation et l’agrandissement du jardin du souvenir, ainsi que la réalisation de puits de dépôt des cendres, de columbariums et d’espaces dédiés aux "cavurnes", petit caveau dans lequel on peut enterrer son urne. "On en construit 216."
L’autre volonté de l’exécutif est de proposer des prix plus attractifs. "On va faire baisser le coût d’une crémation de l’ordre de 70 000 francs, indique le secrétaire général adjoint, la faisant passer de 240 000 à 170 000 francs."
Après les travaux, il restera le four neuf à réceptionner. "Suivra une phase de tests avant sa mise en service", poursuit Marc-Olivier Vergé. A priori au premier trimestre 2020. L’avenir de l’actuel crématorium n’est pas encore défini. Il pourrait être détruit ou préservé afin de servir de four de secours en cas de panne.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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En 2020, on fait et on refait l’histoire !

En 2020, on fait et on refait l’histoire !
Qui dit nouvelle année, dit généralement nouvelles résolutions, c’est pourquoi nous avons le plaisir de vous annoncer, chers lecteurs et abonnés de Tahiti Pacifique, le lancement de la rubrique “Pages d’Histoire”, un nouveau rendez-vous mensuel dans votre magazine, en alternance avec “L’encrier de Tahiti”, une fenêtre littéraire qui sera ouverte dès le mois de février par Daniel Margueron, ancien enseignant en lettres et écrivain spécialisé en littérature francophone en Polynésie. “Pages d’Histoire” sera réalisée par Jean-Marc Regnault, agrégé et docteur en histoire, mais aussi chercheur associé au laboratoire “Gouvernance et développement insulaire” de l’Université de la Polynésie française. Après avoir publié une centaine d’articles et une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’Océanie, il rédigera dans nos colonnes des sujets sur les figures emblématiques et les périodes phares qui ont fait l’Histoire du fenua après 1940. Cette série historique démarre avec un coup de projecteur sur le Conseil privé du gouverneur, qui était en réalité une aberration démocratique. D’autres articles suivront : "Les crises politiques de l’année 1952 (quand Tahiti riait, l’Assemblée représentative faisait grise mine)" ; "La signature de Gaston Flosse au nom de la France du Traité de Rarotonga sur la dénucléarisation du Pacifique Sud" ; "La décision de la France de construire l’aéroport de Faa’a (pour préparer le CEP ?)" ;
"La censure de JPK en 1988", etc. Autant de thèmes contemporains et sensibles, qui alimentent encore aujourd’hui la polémique et seront passés à la loupe de notre expert pour mieux comprendre l’actualité et l’appréhender.

Et puisque l’on parle de faire et refaire l’Histoire, 2020 sera une année riche en événements, pour ne pas dire atomique ! “Jamais, le sujet de la politique de dissuasion nucléaire, et des systèmes d’armes qui sont mises en œuvres dans ce cadre, ne sera autant présent dans l’actualité nationale, internationale et dans les enceintes internationales, notamment en raison d’anniversaires”, estime ainsi Jean-Marie Collin, le porte-parole et expert de la branche française d’ICAN (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires) et chercheur associé auprès du think tank belge le GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité). En effet, le 13 février 2020, la France “célébrera” le 60e anniversaire de son premier essai nucléaire ; du 27 avril au 22 mai, la 10e conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire verra, sans grand suspense, une absence de consensus sur comment parvenir à mettre en œuvre l’article 6 (désarmement) de ce traité entraînant sa probable (malheureusement) perte de crédibilité ; les 6 et
9 août, Hiroshima et Nagasaki vont commémorer le 75e anniversaire de leur destruction par des armes nucléaires. En outre, l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires est enfin envisagée en 2020.

Par ailleurs, sans nul doute, le discours de mi-mandat d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire, avec semble-t-il une tonalité très européenne, sera un moment-clé de l’évolution de la politique de la France. Localement, le Tavini Huiraatira, par la voix de Moetai Brotherson, n’a pas hésité à interpeller le président Macron sur la dépollution du site de Moruroa, dont le souhait exprimé dans un récent courrier est resté sans réponse. “Je lui porterai cette fois la lettre en main propre. Et lorsqu’il viendra chercher ses tiki et ses tīfaifai, ce serait bien qu’il en profite pour repartir avec ses deux avions remplis des déchets radioactifs”, a ironisé le député, à l’occasion d’une conférence de presse dénonçant la présence de tonnes de plutonium “dans le ventre de notre mère nourricière” après trente ans d’essais nucléaires. Oscar Temaru, le leader du parti indépendantiste, a ainsi fait un parallèle entre les fumées toxiques qui survolent notre région, suite aux incendies en Australie, avec les 46 tirs atmosphériques menés à Moruroa et Fangataufa, qui sont, selon lui, “la preuve concrète que la puissance des vents a pu transporter très loin les nuages radioactifs”. La visite express de M. Macron en Polynésie du 16 au 18 avril devrait donner le “la” à la musique qui va se jouer dans les années à venir. Bien sûr, les municipales en mars prochain pourraient apporter, elles aussi, leur lot de rebondissements et écrire de nouvelles pages de petites histoires qui font la grande.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt