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Redécouvrons nos ressources naturelles !


Jeudi 9 Avril 2020 - écrit par Hélène S. Pechin


Un paradoxe évident demeure dans nos îles : nous avons tout à portée de main et pourtant, nous délaissons nos propres ressources naturelles…



Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Crédit photo : Archives Tahiti Pacifique
Aujourd’hui, de très nombreux produits importés sont considérés par le gouvernement et la population comme des Produits de première nécessité (PPN). Observons un instant le contenu des caddies de notre fenua en ces temps de panique générale : produits alimentaires raffinés et industriels, trop gras, trop salés, trop sucrés, le plus souvent importés, sans oublier les stocks de papier toilette et de thon en boîte ! En deux à trois décennies seulement, les communications satellites et le fret international nous ont-ils inoculé l’idée que ces produits industrialisés et/ou importés sont indispensables ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’alarme des méfaits de cette alimentation raffinée et industrialisée qui participe, avec la sédentarité, le stress et d’autres excès, à de graves troubles sanitaires, tels que le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, le cancer, etc. L’OMS précise que 2 % des décès dus au Covid-19 résultent le plus souvent des complications sévères liées à ces mêmes maladies dites de société. Le tabagisme, l’alcoolisme et l’abus de substances chimiques ou pharmaceutiques sont des facteurs de risques supplémentaires. D’après une étude chinoise publiée dans The New England Journal of Medicine, les fumeurs auraient 21 % de risques contre 14 % pour les non-fumeurs, de contracter une forme sévère du virus. Globalement,un fumeur aura 133 % de risques supplémentaires de passer en réanimation ou de décéder. En Polynésie française, ces pathologies sanitaires ont envahi notre population au même rythme que la mondialisation et son lot de surconsommations importées et polluantes, souvent dénaturées et inappropriées sous nos climats...

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Covid-19 : ces héros du quotidien qui sont au front…

Covid-19 : ces héros du quotidien qui sont au front…
Il aura fallu attendre une crise sanitaire à l’échelle planétaire provoquée par un satané virus invisible pour rendre visibles ceux qui travaillent dans l’ombre... Activités économiques en veille, arrêt total des liaisons aériennes, professionnels de santé sur le qui-vive, la pandémie de Covid-19 qui frappe le monde (plus de 80 000 morts, le 7 avril) bouleverse également le quotidien des Polynésiens. Depuis le confinement général imposé à la population, le 20 mars dernier, la vie tourne au ralenti au fenua (lire pages 15 à 17) et chacun tente de "survivre", de s’en sortir sans sortir. Aussi, la décision du président M. Édouard Fritch de suspendre la vente d’alcool pendant toute la durée de cet enfermement forcé n’a pas été au goût de tous, beaucoup estimant que leur liberté individuelle était encore bafouée. Lutter en restant confiné chez soi, d’accord. Mais sans boire un coup, la coupe est pleine ! Et puis, s’il y a, ici comme ailleurs, des "cons finis" qui se considèrent au-dessus du lot et des lois, il y a aussi des héros du quotidien. Beaucoup de citoyens ont dû arrêter de travailler, mais certains sont encore au front. Par choix ou par nécessité. Eux, ce sont les aides-soignants, les infirmiers, les caissiers, les pompistes, les livreurs…

Notre envoyée spéciale, Suliane Favennec, est allée à la rencontre de ces travailleurs qui sont en première ligne (lire pages 18 à 27). Son reportage, étayé de nombreux portraits, révèle que ces hommes et ces femmes, potentiellement en contact direct avec le coronavirus, sont souvent dépourvus d’armes et improvisent au mieux ! En effet, le Pays a du mal à s’organiser sur le plan sanitaire et manque de matériel médical, surtout de respirateurs artificiels et de masques chirurgicaux, notamment les FFP2, pour lutter contre la propagation de la maladie. Les commandes peinent à être honorées, tandis que d’autres ont été littéralement détournées par le pays de l’oncle Sam. Aussi, un article de France Inter nous rappelle comment la France a sacrifié sa principale usine de masques, en Bretagne, et a fermé en 2018 après avoir été rachetée par le géant américain Honeywell. Le responsable de ce fiasco : l’État français, qui s’était engagé à commander à l’entreprise des millions de masques chaque année, avant de se retirer lâchement… Plus grave encore, une enquête de Mediapart a apporté, la semaine dernière, les preuves d’un mensonge d’État grâce à de nombreux témoignages et documents confidentiels. Et d’évoquer la gestion chaotique au sommet du pouvoir français, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques.

Dans cette édition spéciale coronavirus, la rédaction de Tahiti Pacifique vous propose également l’analyse de notre économiste au sujet du plan d’urgence mis en place par le gouvernement et l’État. Christian Montet détaille ainsi les aides apportées aux patentés et aux entreprises, ces "sinistrés" qui attendent avec grande impatience l’heure de la relance économique. Selon lui, "la gageure consiste à retourner au plus vite à la vie (presque) normale, tout en essayant d’éviter que l’épidémie ne reprenne" (lire pages 30-31). En ces temps de confinement, retrouvez par ailleurs des articles pratiques, à l’instar des conseils santé d’Hélène S. Pechin, naturothérapeute, qui préconise de redécouvrir les ressources naturelles que nous avons à porter de main. En effet, fruits, légumes, plantes… quoi de mieux que l’alimentation traditionnelle polynésienne pour booster notre système immunitaire (lire pages 28-29) ? Embarquez aussi avec Pauline Sillinger pour votre nouvelle rubrique, "L’éco-évasion". Cette jeune consultante en développement durable, originaire de Tahiti, vous emmène en voyage autour du monde et vous invite à découvrir des destinations insolites avec un regard différent, celui d’une passionnée d’écologie (lire pages 44-45). Enfin, puisque nos sorties sont devenues essentiellement virtuelles, votre agenda s’adapte : Vaea Deplat a déniché les bons plans en ligne pour faire entrer la culture chez vous (lire pages 50-51). Bon courage à tous et, surtout, prenez soin de vous et de vos proches.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt