Pour Sébastien Lecornu, l’objectif principal était bel et bien de renouer le dialogue avec les partenaires. Crédit photo : DR/Matignon
“Ce n’est pas un accord, a souligné Sébastien Lecornu, mercredi au sortir du Conseil des ministres. C’est une initiative que nous prenons dans le cadre strict des compétences de l’État.”
Une date, a aussi précisé le ministre des Outre-mer, qui “n’est pas consensuelle”, mais qui est le fruit d’une “convergence” pour sécuriser la fin de l’accord de Nouméa.
Quel que soit le résultat de la consultation, commencera dès le 13 décembre une période de transition qui s’étendra jusqu’au 30 juin 2023.
“Si le Oui gagne, il faudra aller vers une consultation référendaire d’une nouvelle ère pour que le nouvel État fonde sa constitution et établisse les relations qu’il voudra avoir avec la France. Dans le cas d’une victoire du Non, l’accord de Nouméa sera, de toute façon caduc, et il faudra tracer un nouveau chemin pour les institutions calédoniennes.”
Et le ministre d’insister : “Quoi qu’il arrive, il y aura une quatrième consultation référendaire.”
Tenter de concevoir l’après
Avant d’être rendue public, cette feuille de route a été présentée en conseil des ministres, mercredi matin, à Paris. Le fruit de cinq journées intenses avec les “partenaires” calédoniens.
Plus qu’une simple date, objet de toutes les attentions, un calendrier. Celui qui devra permettre à la Nouvelle-Calédonie, qu’elle reste française ou qu’elle prenne son indépendance, de changer de statut. Car quoi qu’il arrive, plus rien ne sera identique à la période durant laquelle a couru l’accord de Nouméa.
La qualité des échanges, soulignée dès le premier jour par tous les protagonistes, permettait déjà de se satisfaire d’une reprise du dialogue. Et surtout d’une compréhension de l’enjeu. “L’objectif était de travailler sur les implications du Oui et du Non à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, alors que le Congrès calédonien a demandé l’organisation d’un troisième référendum et à imaginer la suite du processus politique initié par les accords de Matignon (1988) puis de Nouméa (1998)”, rappelle le gouvernement parisien. “Le droit international, les questions de citoyenneté et de corps électoral, de monnaie et de finances publiques, de sécurité et de justice ont fait l’objet des interventions des différents ministères concernés.”
Les délégations ont également rencontré le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le chef d’état-major des Armées, le général François Lecointre, pour évoquer les aspects diplomatiques et militaires des conséquences du Oui et du Non.
Une façon de poser concrètement les conséquences de l’après-référendum. Et de tenter de concevoir la suite.
Au terme de ce travail, le président de la République a souhaité, mardi après-midi à l’Élysée, s’entretenir avec les membres du groupe “Leprédour” sur la préparation du troisième référendum que le gouvernement métropolitain a la charge d’organiser.
Éviter le grand saut dans le vide
Une rencontre présidentielle laissant penser que de fortes décisions avaient été prises. Bien loin d’un accord pour sortir d’un référendum binaire certes, mais tout de même assez importantes pour que, revenus à Oudinot, aucun des responsables calédoniens de quelque délégation que ce soit ne souhaite faire une déclaration sur cette rencontre avec Emmanuel Macron. Le mot d’ordre était d’attendre la déclaration officielle du ministre.
C’est désormais chose faite. Mais la route vers les urnes est encore longue. Il faudra que ce dialogue, installé le temps de quelques jours à Paris entre l’État, les loyalistes et les indépendantistes de l’Union calédonienne, reste solide. Il faudra également convaincre l’Uni, grand absent des débats, du bien-fondé d’une telle démarche. Mais il faudra de toute façon aller vite. Car le processus politique qu’est l’accord de Nouméa, arrive, quoiqu’il puisse se passer en Calédonie, à son terme au plus tard en octobre 2022. Sans préparation, ce sera le grand saut dans le vide.
b[Source : Les Nouvelles calédoniennes]b
Une date, a aussi précisé le ministre des Outre-mer, qui “n’est pas consensuelle”, mais qui est le fruit d’une “convergence” pour sécuriser la fin de l’accord de Nouméa.
Quel que soit le résultat de la consultation, commencera dès le 13 décembre une période de transition qui s’étendra jusqu’au 30 juin 2023.
“Si le Oui gagne, il faudra aller vers une consultation référendaire d’une nouvelle ère pour que le nouvel État fonde sa constitution et établisse les relations qu’il voudra avoir avec la France. Dans le cas d’une victoire du Non, l’accord de Nouméa sera, de toute façon caduc, et il faudra tracer un nouveau chemin pour les institutions calédoniennes.”
Et le ministre d’insister : “Quoi qu’il arrive, il y aura une quatrième consultation référendaire.”
Tenter de concevoir l’après
Avant d’être rendue public, cette feuille de route a été présentée en conseil des ministres, mercredi matin, à Paris. Le fruit de cinq journées intenses avec les “partenaires” calédoniens.
Plus qu’une simple date, objet de toutes les attentions, un calendrier. Celui qui devra permettre à la Nouvelle-Calédonie, qu’elle reste française ou qu’elle prenne son indépendance, de changer de statut. Car quoi qu’il arrive, plus rien ne sera identique à la période durant laquelle a couru l’accord de Nouméa.
La qualité des échanges, soulignée dès le premier jour par tous les protagonistes, permettait déjà de se satisfaire d’une reprise du dialogue. Et surtout d’une compréhension de l’enjeu. “L’objectif était de travailler sur les implications du Oui et du Non à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, alors que le Congrès calédonien a demandé l’organisation d’un troisième référendum et à imaginer la suite du processus politique initié par les accords de Matignon (1988) puis de Nouméa (1998)”, rappelle le gouvernement parisien. “Le droit international, les questions de citoyenneté et de corps électoral, de monnaie et de finances publiques, de sécurité et de justice ont fait l’objet des interventions des différents ministères concernés.”
Les délégations ont également rencontré le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le chef d’état-major des Armées, le général François Lecointre, pour évoquer les aspects diplomatiques et militaires des conséquences du Oui et du Non.
Une façon de poser concrètement les conséquences de l’après-référendum. Et de tenter de concevoir la suite.
Au terme de ce travail, le président de la République a souhaité, mardi après-midi à l’Élysée, s’entretenir avec les membres du groupe “Leprédour” sur la préparation du troisième référendum que le gouvernement métropolitain a la charge d’organiser.
Éviter le grand saut dans le vide
Une rencontre présidentielle laissant penser que de fortes décisions avaient été prises. Bien loin d’un accord pour sortir d’un référendum binaire certes, mais tout de même assez importantes pour que, revenus à Oudinot, aucun des responsables calédoniens de quelque délégation que ce soit ne souhaite faire une déclaration sur cette rencontre avec Emmanuel Macron. Le mot d’ordre était d’attendre la déclaration officielle du ministre.
C’est désormais chose faite. Mais la route vers les urnes est encore longue. Il faudra que ce dialogue, installé le temps de quelques jours à Paris entre l’État, les loyalistes et les indépendantistes de l’Union calédonienne, reste solide. Il faudra également convaincre l’Uni, grand absent des débats, du bien-fondé d’une telle démarche. Mais il faudra de toute façon aller vite. Car le processus politique qu’est l’accord de Nouméa, arrive, quoiqu’il puisse se passer en Calédonie, à son terme au plus tard en octobre 2022. Sans préparation, ce sera le grand saut dans le vide.
b[Source : Les Nouvelles calédoniennes]b
Patrice Faure, prêt à vivre un “moment historique”
Jusqu’à présent préfet du Morbihan, Patrice Faure prendra ses fonctions de haut-commissaire le 7 juin. Crédit photo : DR
Inédit. C’est peut-être ce qui résumera l’arrivée de Patrice Faure. Officiellement en fonction le 7 juin, le responsable a tout de suite été mis dans le bain, pour mieux s’isoler... “Je vais passer une semaine à l’hôtel, donc je ne déposerai pas de gerbes puisque je serai en septaine. Je pourrai néanmoins signer tous les documents qui affairent à ma fonction.”
Un sas sanitaire forcément contraignant auquel l’homme de 52 ans se plie sans rechigner. D’autant que des premiers échanges importants ont eu lieu à Paris.
Depuis l’arrivée des délégations, il a multiplié les rencontres informelles et a siégé à la table des discussions. Que ce soit à Oudinot comme à l’Élysée. “J’ai gagné du temps grâce à cela et c’est important car celui-ci nous est compté, indique-t-il. Nous avons quelques mois pour organiser un référendum. C’est pour moi un raccourci, une prise de contact plus rapide.”
b[“Je note la volonté de tous de vouloir échanger sur le Oui, sur le Non, et sur leurs conséquences.”]b
Une occasion unique pour prendre le pouls de la vie politique calédonienne. “Ce que j’ai découvert avec joie, c’est que tout le monde se parle. La parole était libre, les réponses étaient parfois surprenantes. Je note la volonté de tous de vouloir échanger sur le Oui, sur le Non, sur leurs conséquences.” Des discussions sans tabou, “avec quelques haussements de voix mais cela est bien normal. Nous sommes dans une démocratie et cela est rassurant qu’il y ait des clivages politiques et des attentes différentes.”
Ce qu’il en conclut après cette immersion dans la politique de la Calédonie ? “Le dialogue est possible. Il faudra le nourrir et le poursuivre pour que la population soit éclairée à l’occasion du prochain référendum.” Pourquoi a-t-il été choisi pour représenter l’État ? “Demandez au président de la République, puisque c’est lui qui m’a nommé.”
Écrire une nouvelle page
Une marque de confiance. Car au-delà d’être le représentant de l’État pour le troisième référendum, le responsable sera aussi celui de l’après accord de Nouméa. “C’est un homme qui a une grande expérience des outre-mer, qui a été préfet en Guyane et qui connaît très bien la Nouvelle-Calédonie pour l’avoir suivie de très près dans plusieurs de ses postes, précise-t-on au gouvernement parisien. Mais il fallait quelqu’un qui vienne avec un regard neuf pour écrire une nouvelle page.” S’il n’a jamais mis les pieds sur le Caillou, Patrice Faure a déjà eu à traiter le dossier calédonien. En tant qu’adjoint au chef du cabinet militaire du ministère de l’Outre-mer dès 2004, puis en tant que chef de cabinet du secrétaire du Médétom. En 2009, il a enfin occupé le poste de directeur adjoint du cabinet de la secrétaire générale du ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales. Le nouveau haut-commissaire a même déjà connu l’exercice du pouvoir en outre-mer. C’était en 2017, en Guyane.
Patrice Faure discerne d’ores et déjà les enjeux : “J’ai reçu un accueil chaleureux. Les élus sont venus me voir pour connaître celui avec qui ils allaient vivre un moment historique. Il est normal que je me porte à eux. En tant que haut-commissaire, je serai au service des publics et de tous les publics, et cela, il ne faut surtout pas l’oublier.”b[
Un sas sanitaire forcément contraignant auquel l’homme de 52 ans se plie sans rechigner. D’autant que des premiers échanges importants ont eu lieu à Paris.
Depuis l’arrivée des délégations, il a multiplié les rencontres informelles et a siégé à la table des discussions. Que ce soit à Oudinot comme à l’Élysée. “J’ai gagné du temps grâce à cela et c’est important car celui-ci nous est compté, indique-t-il. Nous avons quelques mois pour organiser un référendum. C’est pour moi un raccourci, une prise de contact plus rapide.”
b[“Je note la volonté de tous de vouloir échanger sur le Oui, sur le Non, et sur leurs conséquences.”]b
Une occasion unique pour prendre le pouls de la vie politique calédonienne. “Ce que j’ai découvert avec joie, c’est que tout le monde se parle. La parole était libre, les réponses étaient parfois surprenantes. Je note la volonté de tous de vouloir échanger sur le Oui, sur le Non, sur leurs conséquences.” Des discussions sans tabou, “avec quelques haussements de voix mais cela est bien normal. Nous sommes dans une démocratie et cela est rassurant qu’il y ait des clivages politiques et des attentes différentes.”
Ce qu’il en conclut après cette immersion dans la politique de la Calédonie ? “Le dialogue est possible. Il faudra le nourrir et le poursuivre pour que la population soit éclairée à l’occasion du prochain référendum.” Pourquoi a-t-il été choisi pour représenter l’État ? “Demandez au président de la République, puisque c’est lui qui m’a nommé.”
Écrire une nouvelle page
Une marque de confiance. Car au-delà d’être le représentant de l’État pour le troisième référendum, le responsable sera aussi celui de l’après accord de Nouméa. “C’est un homme qui a une grande expérience des outre-mer, qui a été préfet en Guyane et qui connaît très bien la Nouvelle-Calédonie pour l’avoir suivie de très près dans plusieurs de ses postes, précise-t-on au gouvernement parisien. Mais il fallait quelqu’un qui vienne avec un regard neuf pour écrire une nouvelle page.” S’il n’a jamais mis les pieds sur le Caillou, Patrice Faure a déjà eu à traiter le dossier calédonien. En tant qu’adjoint au chef du cabinet militaire du ministère de l’Outre-mer dès 2004, puis en tant que chef de cabinet du secrétaire du Médétom. En 2009, il a enfin occupé le poste de directeur adjoint du cabinet de la secrétaire générale du ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des collectivités territoriales. Le nouveau haut-commissaire a même déjà connu l’exercice du pouvoir en outre-mer. C’était en 2017, en Guyane.
Patrice Faure discerne d’ores et déjà les enjeux : “J’ai reçu un accueil chaleureux. Les élus sont venus me voir pour connaître celui avec qui ils allaient vivre un moment historique. Il est normal que je me porte à eux. En tant que haut-commissaire, je serai au service des publics et de tous les publics, et cela, il ne faut surtout pas l’oublier.”b[

Edito







