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Reportage à la presqu'île : vers un soutien international aux rāhui de Tahiti ?


Jeudi 25 Juillet 2019 - écrit par Ariitaimai Amary


Suite à l'invitation de Tamatoa Bambridge, notre rédaction a suivi un groupe composé de scientifiques et de membres d'organisations non gouvernementales sur les traces des rāhui de Tahiti. À l'ordre du jour, deux zones majeures : nous devions visiter les zones protégées de Tautira et de Teahupoo.



Présentation des zones rāhui par Tamatoa Bambridge. Crédit photo : Ariitaimai Amary
Présentation des zones rāhui par Tamatoa Bambridge. Crédit photo : Ariitaimai Amary
C'était un lundi matin pas comme les autres. Contrairement à la tendance installée depuis plusieurs jours au début du mois, il ne pleuvait pas. Le soleil baignait de ses rayons le hall de l'hôtel InterContinental de Faa'a. Tout juste cueillie au réveil, l'équipe composée de quatre scientifiques internationaux, d'un linguiste polynésien, Jacques Vernaudon, et de Tamatoa Bambridge s'est réunie dans le hall, l'esprit encore embrumé par une nuit trop courte. En effet, les voyageurs sont arrivés la veille via les compagnies internationales. Nous sommes six : Marilyn Heiman, représentante du programme "Vibrant oceans initiative" mené par Bloomberg Philanthropies ; Seth Horstmeyer, représentant de la fondation Oceans 5 ; Lotus A. Vermeer, vice-doyenne pour le Partenariat et le Développement de l'Université de Santa Barbara ; et son collègue, Hunter S. Lenihan, professeur dans cette même université et biologiste ; Jacques Vernaudon, linguiste à l'Université de Polynésie française ; Tamatoa Bambridge, anthropologue au Centre de recherches insulaires et observatoire de l'environnement (Criobe) et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ; et votre reporter.
Les présentations faites et les affaires rangées dans le coffre, nous partons en direction de la Presqu'île. L'habitacle est animé par des discussions en anglais sur le blanchiment de la barrière de corail, sur la nécessité de préserver les ressources de tel ou tel endroit dans le monde… Très vite, je comprends que mes voisins de sièges sont tous des experts en matière de biologie et de gestion des ressources naturelles, et qu'ils sont tous réunis ici pour une chose : le rāhui.
À mesure que nous nous éloignons de l'agglomération, les scientifiques se font plus admiratifs et scrutent les paysages qui défilent à vitesse grand V du fait de notre (léger) retard. Ils s'amusent même à deviner les noms (scientifiques) des arbres et des oiseaux que l'on croise. Il faut dire qu'à mes côtés, des pointures conversent, et votre reporter écoute, époustouflée par tant de connaissances, concentrées là, dans une voiture...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 412 en cliquant ICI


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Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !

Entre crise et remaniement, la rentrée sera mouvementée !
La tournure qu’a prise “l’affaire Radio Tefana” impliquant Oscar Temaru a indigné un grand nombre d’entre nous. Après le grand recul de l’État français sur les indemnisations des victimes des essais nucléaires en Polynésie, dont le mépris détonant a explosé à la figure du Pays, la volonté de “dépayser” (à Nouméa finalement) le procès opposant le procureur de la République, Hervé Leroy, au leader indépendantiste interroge… Si la présidente du tribunal considère qu’il n’est pas envisageable de juger le responsable du parquet de sa propre juridiction, l’avocat de M. Temaru estime, lui, qu’il s’agit d’un “déni de démocratie”. Pour rappel, alors que le conseil municipal de Faa’a a accordé la protection fonctionnelle à son édile pour payer ses frais de justice liés à l’affaire Radio Tefana, M. Leroy a exigé une saisie pénale de 11,55 millions de Fcfp sur le compte personnel de M. Temaru. Pour protester contre cette opération “injustifiée” et un “acharnement judiciaire de l’État français à son encontre”, ce dernier a ainsi entrepris une grève de la faim le 8 juin. Ne parvenant pas à obtenir une audience avec M. Leroy, malgré le soutien d’une centaine de sympathisants réunis devant le palais de justice, M. Temaru l’a finalement assigné en référé pour “atteinte à la présomption d’innocence”.

La polémique gronde et défraye la chronique, ici et ailleurs, la presse nationale se demandant même “à quoi joue l’État ?”. Ce qui est indéniable, c’est que M. Temaru, souvent cantonné au rôle de martyr, a cette fois bénéficié d’une mobilisation importante et su fédérer les cœurs, bien au-delà d’un parti politique. En obtenant le soutien de nombreuses personnalités de tous horizons, ainsi que d’une vingtaine d’associations, de confessions religieuses, de syndicats ou de partis politiques rassemblés au sein du collectif Nuna’a a ti’a ("Peuple lève-toi, avance pour la paix") – à l’origine de la marche du 20 juin –, il s’est imposé en Metua (“père spirituel”). Par sa détermination et son pacifisme, on ne peut s’empêcher de penser à Pouvana’a a Oopa, condamné et exilé en 1959 pour un crime qu’il n’avait pas commis, bien que “le manque de recul” ne permette pas la comparaison, selon le spécialiste du sujet Jean-Marc Regnault, l’une des grandes plumes de Tahiti Pacifique et chroniqueur des “Pages d’Histoire”. D’ailleurs, l’historien publie simultanément deux ouvrages aux éditions ’Api Tahiti, qui lancent la série “Rivalités et moins si affinités” : Gaston Flosse, un Chirac des tropiques ? et Oscar Temaru, l’Océanie au cœur (lire page 12). Et l’auteur de mettre en perspective les deux hommes politiques, éternels “meilleurs ennemis” : “En 2020, ils entretiennent l’ambiguïté. Vont-ils s’entendre contre l’État pour en finir avec le statut d’autonomie dont ni l’un, ni l’autre ne veulent plus ? Vont-ils s’entendre pour tenter de chasser un gouvernement autonomiste qui ne gouverne pas vraiment différemment (…) ? Rivalités, donc, mais desquelles peuvent naître des affinités… électives ou autres.” L’avenir nous le dira, mais on sent bien que ce gouvernement – qui préfère poser du gazon synthétique sur le front de mer plutôt que miser sur la permaculture et les jardins partagés pour pallier la crise socio-économique inéluctable – ne parvient pas à satisfaire la majorité de la population. Aussi, le divorce est consommé au sommet du gouvernement, et il se murmure déjà qu’un remaniement ministériel est imminent…

C’est donc une rentrée mouvementée qui s’annonce ! En attendant, je profite de l’occasion pour vous informer que la rédaction de Tahiti Pacifique fera une trêve durant le mois de juillet, et ce chaque année, afin de permettre à tous les journalistes, chroniqueurs et autres contributeurs qui le souhaitent de prendre des congés annuels mérités et se ressourcer. L’objectif est aussi de mieux vous retrouver, avec toujours plus de dossiers de fond et encore d’autres nouveautés ! Les parutions de votre magazine préféré reprendront à compter du vendredi 7 août, toujours au rythme bimensuel. Merci pour votre confiance et à très bientôt.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT