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Poe Rava en sélection officielle dans deux festivals

Crédit photo : Nathan Lebon
Diffusé pour la première fois sur Polynésie la 1ère en septembre, le film polynésien Poe Rava sera présenté en compétition officielle du Festival international des Pertuis et îles du monde (Fipim) du 8 au 11 octobre prochain, à Port-des-Barques (Charentes maritimes). Puis en janvier 2021 au Festival international du documentaire maritime (Fidom), à Bordeaux. Coécrit et réalisé par Virginie Tetoofa et Thomas Delorme, ce documentaire de 52 minutes retrace l’histoire de la perle à Manihi, porté par la voix de Sophie Nohotemorea, nièce du premier greffeur polynésien, Petero Tupuna. "Ce n’est pas qu’un film sur la perle. L’histoire de la famille Tupana symbolise la chute de la nacre et l’apparition de la perliculture au fenua", explique Thomas Delorme, qui a réuni pour l’occasion une équipe de tournage 100 % polynésienne (dont Tim McKenna et Maiko Mou). "Pour l’anecdote, le tournage s’est terminé sur les chapeaux de roues à l’annonce du confinement et toute l’équipe a dû quitter l’atoll en quarante minutes. Cela n’a pas été évident de partir sans dire au revoir à tous ces gens qui nous avait fait un accueil formidable pendant quinze jours. On espère pouvoir projeter le film un jour sur place, si les finances le permettent."
Espérons retrouver ce documentaire au prochain Festival international du film documentaire océanien (FIFO) en février 2021 ! En attendant, le film sera diffusé prochainement en versions française et anglaise sur les écrans d’Air Tahiti Nui, puis proposé aux compagnies aériennes qui desservent le Japon et l’Océanie.

V.D.






La mémoire des essais nucléaires au risque d’Alzheimer…

Après la publication de notre dossier consacré à une arnaque au tapa “made in Thailand” envahissant le marché polynésien (lire TPM n° 445 du 18 décembre 2020), qui a suscité l’indignation dans le monde de la culture, le soutien du Pays affiché aux artisans quelques jours plus tard devant les médias étonne pour ne pas dire détone… En effet, le gouvernement a laissé filer un trafic de “faux tapa” qui inonde depuis une vingtaine d’années les curios, les musées et même aujourd’hui certains hôtels de luxe, mais il n’hésite pas à s’afficher fièrement en grand défenseur des artisans pour une opération lancée dans les magasins Carrefour et Champion pour les fêtes de fin d’année. Cherchez l’erreur…

Autre actualité qui nous fait dresser les poils, au rayon des archives militaires cette fois : l’historien Jean-Marc Regnault nous alerte sur la récente complexification de l’accès des documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale. Alors que la loi du 15 juillet 2008 relative aux archives, inscrite dans le code du patrimoine, prévoyait un délai de cinquante ans pour autoriser leur consultation, une révision des dispositions en 2011 a précisé que tout document portant un marquage “Secret Défense”, dit “classifié au titre du secret de la défense nationale”, devait être déclassifié par l’autorité compétente avant communication… Eh bien figurez-vous que la situation s’est aggravée depuis 2020 en raison d’une interprétation de plus en plus restrictive de cette instruction interministérielle, qui a entraîné le blocage de nombreux fonds aux Archives nationales, aux Archives du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris, comme aux archives de la Défense. En clair, cela signifie que des documents qui étaient librement communicables et communiqués, des documents qui avaient été publiés dans de nombreux livres d’Histoire, sont désormais… inaccessibles ! C’est l’objet de notre dossier de Une pour ce premier numéro de l’année (lire pages 14 à 16). Pourquoi l’État poursuit-il sa politique de l’autruche et fait tout pour cacher la vérité historique ? Y aurait-il tant de secrets inavoués et inavouables ? La reconnaissance du fait nucléaire serait-elle un perpétuel combat ? D’ailleurs, y aura-t-il jamais un Centre de mémoire des essais en Polynésie ? La question est posée.

Enfin, parce que nous aimons aussi vous faire vous évader, retrouvez notre portrait haut en couleur de Titouan Lamazou (lire pages 18 à 25). Artiste talentueux et navigateur insatiable, celui qui a été piqué au tiare il y a plus de quarante ans déjà a décidé de poser l’encre et les pinceaux au fenua. Découvrez un homme d’exception, qui confie avoir une “empathie sociale congénitale”, mais également un peintre de génie, qui a eu à cœur de créer une gamme de produits dérivés de ses œuvres privilégiant une coopération locale avec l’ambition d’une production 100% “made in Tahiti. Un bel exemple d’énergie positive, dont nous devrions nous inspirer. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année et vous adresse ses meilleurs vœux pour 2021.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT