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Affaire Te Maru Ata : ces "irréductibles" qui résistent encore et toujours à Bill Ravel


Jeudi 11 Juillet 2019 - écrit par Dominique Schmitt


"L'affaire Te Maru Ata revient sur le devant de la scène", titrions nous le 1er décembre 2017 (lire Tahiti Pacifique n° 369). Tel le village gaulois, les propriétaires de la résidence située à Punaauia ont su résister à Bill Ravel pour le respect de leurs droits, et ce depuis plus de vingt ans. Le promoteur du lotissement a tenté à plusieurs reprises de contourner la loi pour réaliser une extension sur les hauteurs. Aujourd'hui, après un échec en 2012, il essaie de relancer son projet Te Manu Reva, que rejettent en bloc les riverains "irréductibles". L'homme d'affaires fait toujours l'objet d'une mise en examen, aux côtés
de Jean-Christophe Bouissou et Emmanuel Sztejnberg-Martin pour "soupçons de corruption".



Crédit photos : DR
Crédit photos : DR
Te Manu Reva, “l’avion” en tahitien. Non, ce n’est pas le nom de la prochaine compagnie aérienne locale, mais celui d’un projet que tente de réaliser M. Gaspard Ravel, dit Bill Ravel, sur les hauteurs de Punaauia, au PK 16,7. On peut y voir tout de même un clin d’œil à une toute autre entreprise que l’homme d’affaires veut faire décoller : Islands Airline. Cet entrepreneur, promoteur final du lotissement Te Maru Ata depuis 1983 via la Compagnie financière d’Océanie Polynésie (CFOP), tente de relancer une opération immobilière, alors qu’il exerce des actions illicites et passe outre les décisions de
justice depuis plus de vingt ans. Les propriétaires de la résidence ont su lui résister et déjouer ses plans. Cette fois, Bill Ravel a en tête de créer une extension au-dessus de la résidence principale et d’y construire 70 lots, ce qui suscite l’indignation des riverains. L’un d’entre eux déclare : “On ne compte plus les arrêtés pondus ces dernières années pour que « Sieur Ravel » puisse s’approprier notre route privée. Cette énième tentative montre à quel point cet acharnement devient effroyablement redoutable.” De son côté, le milliardaire ne décolère pas : il se sent trahi de ne pas pouvoir emprunter la route privée de Te Maru Ata dont il a fait “don” pour un franc symbolique, acte notarié à l’appui signé chez Me Bruggmann en 1996 (lire son interview page 21)...

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 411 en cliquant ICI


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Génération plastique : place à l’action, vive le ‘Ete !

Génération plastique : place à l’action, vive le ‘Ete !
Le plastique, en trois chiffres, c’est : 1 seconde de fabrication, 20 minutes d’utilisation, 400 ans de pollution. En 70 ans, 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites dans le monde, dont 413 millions en 2018. Les projections sur les prochaines décennies sont terrifiantes, puisque le rythme actuel nous emmène vers un doublement de la pollution plastique en 2030 et plus de plastique que de poissons dans les océans d’ici 2050 (lire notre dossier de Une, pages 14-23)… Énorme problème sur le plan environnemental : seulement 9 % du plastique est recyclé ! C’est dire combien il est urgent d’agir pour notre planète. Au fenua, le Pays planche sur des solutions pour traiter les 600 tonnes de plastique utilisées annuellement, en Polynésie, sous forme de bouteilles d’eau. Mais il faut aller plus loin en repensant nos modes de consommation et en bannissant absolument le plastique à usage unique.

Malheureusement, on le sait, tout traîne en Polynésie, et même les cas les plus urgents. Ainsi, le ministre de la Culture et de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, avait annoncé en 2017 la fin du plastique à usage unique d’ici la fin mars 2018, avant de reporter la date au second semestre 2019. Mais aujourd’hui, alors que se profile 2020, rien n’a été encore acté. On nous souffle cependant que la loi de Pays est prête depuis un bon moment, mais que cela bloque en bout de chaîne, et notamment au niveau des lobbies… Pourtant, il suffirait au gouvernement d’imposer la conduite à tenir et de cesser d’en importer, tout simplement. D’après nos informations, le passage à l’action devrait se réaliser en deux temps : l’année prochaine, en 2020, les sacs en plastique de moins de 50 litres seront interdits, notamment les sacs oxo-biodégradables (qui sont en réalité ni recyclables ni compostables), puis il faudra attendre le 1er juillet 2021 pour que tous les sacs en plastique soient enfin prohibés. À l’échelle nationale, l’Assemblée vient de voter l’arrêt de l’emballage plastique à usage unique pour… 2040, c’est à dire dans plus de vingt ans ! Avec ce dispositif – s’il est définitivement adopté par le Parlement – des objectifs successifs de réduction, de réutilisation ou de recyclage des emballages plastique à usage unique seraient tout de même fixés tous les cinq ans.

Mais soyons conscients que, si dans la théorie, il s’agit de fermer le robinet de la production pour stopper les rejets dans la nature, dans la pratique, se passer de plastique, c’est remettre complètement en cause le modèle de vie auquel nous sommes habitués et attachés. Il apparaît donc primordial de s’y préparer et de réfléchir à des alternatives viables. L’artisanat traditionnel est l’un des moyens forts pour protéger notre environnement. L’Opération ‘ETE, dont la troisième édition organisée par Jerry Biret se prolonge jusqu’au 31 décembre, est un formidable exemple permettant à la population de (ré)apprendre à tresser, et à utiliser des sacs et paniers en pae’ore, dans la perspective de réduire durablement le recours aux sacs en plastique à usage unique (lire notre dossier culture, pages 42-49). La filière cocotier est une piste à exploiter, l’utilisation des feuilles de bananiers en est une autre, il y a également le bois, le bambou, etc. Réapprenons ainsi à vivre en harmonie avec la nature et réinventons nos gestes du quotidien pour un avenir plus serein. Il est temps de vous souhaiter, déjà, un joyeux Noël entourés de vos proches et d’excellentes fêtes de fin d’année.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt

Dominique Schmitt