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De la liberté en période troublée

Étranges humains que nous sommes. Tous farouches adeptes de la liberté sans l’avoir définie. Prêts à en découdre pour la défendre en invectivant, insultant et méprisant quiconque ne partage pas son émoi et sa colère. Mais nous avons la chance de vivre dans un État de Droit, où les conflits doivent se régler devant les tribunaux. Cela nous évite bien des règlements de compte sanglants, suivis d’interminables vendettas douloureuses.



Souvenons-nous. Au temps où la notion de "Droit" ne s’appelait pas encore Ture (mot dérivé de l’hébreu Torah), mais Tapu prononcé à l’anglaise Taboo devenu "tabou" français, le souci de la survie de la collectivité primait sur tout autre principe. Les mesures de prévention ne s’appelaient pas encore hygiène, mais elles s’appliquaient de manière éclairée, māramarama, assez semblables aux recommandations médicales d’aujourd’hui. En ont témoigné les premiers observateurs émerveillés par l’énergie, la beauté et la santé des insulaires du système huiarii marae. Étrange que certains aient qualifié de "sauvage" ce système aux résultats si bénéfiques. Selon Antoine Moerenhout, en devenant un royaume chrétien, les "superbes spécimens d’humanité" sombrèrent dans une décrépitude désespérée de quelques survivants. De les avoir contraints à abandonner les espaces aérés de leurs villages arborés pour s’entasser autour des missions était une aberration criminelle en pério-
de d’épidémies. Épidémies semant un deuil que le Code Pomare interdit de prendre sous peine de mort… Car la joie du Salut chrétien devait surpasser tous les chagrins…

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Vendredi 4 Septembre 2020 - écrit par Simone Grand


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Vendredi 18 Septembre 2020 - 09:51 Des mots frappés d’interdit, de tapu


Simone Grand

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Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT