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Ennio Neagle “trace la parole” pour ne pas oublier


Vendredi 28 Décembre 2018 - écrit par Dominique Schmitt


Artiste local issu du graffiti, Ennio Neagle présente sa première exposition en solo à la mairie de Faa’a, jusqu’au 4 janvier prochain. Sur le thème “Tracer la parole”, il met en lumière la culture polynésienne grâce à une écriture (rēni mo’e) qu’il a inventée avec un alphabet bien particulier : chaque lettre correspond à un motif de tatouage marquisien…



Tatoueur et musicien à Paris, Ennio Neagle présente sa première exposition en solo au fenua. Crédit photo : Dominique Schmitt
Tatoueur et musicien à Paris, Ennio Neagle présente sa première exposition en solo au fenua. Crédit photo : Dominique Schmitt
Ennio Neagle aka “Knock” a fait ses premières armes dans l’univers du graff avant de s’envoler en Métropole pour, dit-il, “forger son empreinte artistique”. Après une année préparatoire, passée en 2008 dans le Sud de la France (Toulouse), il intègre durant cinq ans l’École supérieure d’art et de design d’Amiens, spécialisée en graphisme et typographie. Diplômé et déterminé, il décroche alors un emploi à Paris, où il exerce le métier de graphiste pendant deux ans. Mais “lassé de cette créativité virtuelle et désireux de renouer avec la matière et sa culture”, c’est dans le tatouage qu’il comble ce manque. Il se souvient : “Ma séparation avec la Polynésie a réveillé en moi l’amour pour ma culture, qui ne m’a jamais quitté.” Et d’ajouter : “J’ai redécouvert d’un œil nouveau la beauté de la culture polynésienne…

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"Tahiti paradis"

Des premiers explorateurs à aujourd’hui, le mythe du "Tahiti paradis" n’a pas beaucoup vieilli, il a plutôt changé de sens. De la beauté des îles, des lagons, des populations qui ont fait la réputation mondiale de la destination depuis plus de deux siècles – et qui en sont encore le principal moteur économique interne –, on est passé à un Eldorado d’une toute autre nature : celui des margoulins de tout poil et de tout horizon. Petit "pays", qui fait figure de riche dans un bassin géographique qui n’a pas encore livré toutes ses richesses, la Polynésie française a souvent été la cible d’hommes et de projets plus que douteux. À croire qu’elle n’a déjà pas assez affaire avec ceux qui y vivent…

Les vendeurs de couvertures chauffantes ont fait place à d’autres vendeurs, bien plus avisés et plus ambitieux. Je me souviens de ce projet d’une course internationale de voiliers – qui n’attirerait que des grands noms (!) – qui a fait flop, à la fin des années 1980. Mais ceci n’est rien en comparaison de ceux qui sont à deux doigts de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. À l’instar des promoteurs des "Îles flottantes", qui ont bien failli réussir leur coup (coût ?). Le gouvernement avait mordu à l’hameçon, avant de le recracher sous la pression populaire. À notre connaissance, et depuis ce désistement, les "Îles flottantes" n’ont toujours pas trouvé un lieu d’amarrage… Surprenant, pour un projet si novateur, non… ? Il faut croire qu’ailleurs dans le monde, on est un peu plus regardant.

Entre ce projet de milliardaires américains, et celui du financement du "Village tahitien" (version Flosse) par un milliardaire arabe, repoussé par le vote de la population, il faut déduire que c’est elle qui détient le bon sens. C’est peut-être pour cette raison qu’elle se montre sceptique quant aux projets plus ou moins avancés que sont le projet aquacole de Hao, dont les rendez-vous avec les investisseurs chinois ne cessent d’être repoussés, ou celui du "Village tahitien" version Fritch, dont la date des 200 jours pour la signature du protocole vient d’être dépassée. Les investisseurs néo-zélandais et samoans ne seraient-ils plus les hommes de la situation ? On n’ose croire que le maintien de Samoa sur la liste noire de l’Union européenne des paradis fiscaux y soit pour quelque chose... Il semble que les garanties financières ne soient pas au rendez-vous. On aurait certainement dû et pu se montrer plus regardant sur cet aspect lors de la candidature.

Mais à Tahiti, au paradis, on a tendance à faire un peu trop confiance et, parfois même, à n’importe qui. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à lire le sujet édifiant (voir page 6) sur une société condamnée en 2017 et pour laquelle le Pays offre son soutien !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier

Luc Ollivier