Menu

FIDJI : la consommation du kava s'adapte au coronavirus


Jeudi 20 Août 2020 - écrit par AFP




Le coronavirus a bouleversé les modes de vie jusqu'aux îles Fidji, où le kava, la boisson ancestrale jusque-là consommée uniquement par des hommes à l'occasion de cérémonies rituelles, est désormais bue dans des bars par des femmes. Le kava, connu aux Fidji sous le nom de yaqona pour ses effets anxiolytiques, fait partie intégrante de la culture du Pacifique Sud. Pour être consommée, la racine du kava est réduite en poudre, mélangée à de l'eau avant d'être filtrée. Une fois avalé, ce breuvage âcre au goût d'eau boueuse provoque un léger engourdissement de la bouche et une sensation générale d'apaisement.
"Nous le buvons parce que nos grands-pères en buvaient, que nos arrière-grands-parents en buvaient", explique Kaiava Davui, un jardinier qui en consomme régulièrement le week-end. "Nous parlons, nous partageons des idées. Cela ôte tout stress". Dans la société fidjienne, cette boisson est omniprésente. Dans les villages les plus reculés, les hommes se réunissent autour d'un bol de ce breuvage, alors que des personnalités aussi célèbres que le prince Harry prennent part à des cérémonies aux côtés des personnalités locales. Mais depuis l'apparition du nouveau coronavirus, les cérémonies rituelles de partage du kava sont moins nombreuses. Généralement organisées à la lueur du jour, le couvre-feu imposé dans l'archipel de 23 heures à 4 heures du matin complique leur tenue. Pour réduire le risque de contamination, il est désormais interdit de partager le "bilo", le bol traditionnel dans lequel est bu le kava. Pour pallier ces restrictions, le mode de consommation a changé.

Des bars à kava

Des bars à kava ont ainsi vu le jour, inspirés de ceux qui existent déjà aux États-Unis, où dans les métropoles nombre de jeunes cadres branchés ont troqué l'alcool pour ce breuvage aux vertus apaisantes.
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) met toutefois en garde contre une consommation excessive de ce produit qui peut entraîner des éruptions cutanées, des nausées et des indigestions. Par ailleurs, sur le long terme, ce breuvage anti-stress pourrait causer des dommages au niveau du foie, selon l'ONU. Aucune étude approfondie sur le sujet n'a cependant été réalisée. Selon les derniers chiffres disponibles, en 2018, les Fidji ont exporté environ 160 tonnes de kava aux États-Unis et 80 en Nouvelle-Zélande.

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel





La mémoire des essais nucléaires au risque d’Alzheimer…

Après la publication de notre dossier consacré à une arnaque au tapa “made in Thailand” envahissant le marché polynésien (lire TPM n° 445 du 18 décembre 2020), qui a suscité l’indignation dans le monde de la culture, le soutien du Pays affiché aux artisans quelques jours plus tard devant les médias étonne pour ne pas dire détone… En effet, le gouvernement a laissé filer un trafic de “faux tapa” qui inonde depuis une vingtaine d’années les curios, les musées et même aujourd’hui certains hôtels de luxe, mais il n’hésite pas à s’afficher fièrement en grand défenseur des artisans pour une opération lancée dans les magasins Carrefour et Champion pour les fêtes de fin d’année. Cherchez l’erreur…

Autre actualité qui nous fait dresser les poils, au rayon des archives militaires cette fois : l’historien Jean-Marc Regnault nous alerte sur la récente complexification de l’accès des documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale. Alors que la loi du 15 juillet 2008 relative aux archives, inscrite dans le code du patrimoine, prévoyait un délai de cinquante ans pour autoriser leur consultation, une révision des dispositions en 2011 a précisé que tout document portant un marquage “Secret Défense”, dit “classifié au titre du secret de la défense nationale”, devait être déclassifié par l’autorité compétente avant communication… Eh bien figurez-vous que la situation s’est aggravée depuis 2020 en raison d’une interprétation de plus en plus restrictive de cette instruction interministérielle, qui a entraîné le blocage de nombreux fonds aux Archives nationales, aux Archives du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris, comme aux archives de la Défense. En clair, cela signifie que des documents qui étaient librement communicables et communiqués, des documents qui avaient été publiés dans de nombreux livres d’Histoire, sont désormais… inaccessibles ! C’est l’objet de notre dossier de Une pour ce premier numéro de l’année (lire pages 14 à 16). Pourquoi l’État poursuit-il sa politique de l’autruche et fait tout pour cacher la vérité historique ? Y aurait-il tant de secrets inavoués et inavouables ? La reconnaissance du fait nucléaire serait-elle un perpétuel combat ? D’ailleurs, y aura-t-il jamais un Centre de mémoire des essais en Polynésie ? La question est posée.

Enfin, parce que nous aimons aussi vous faire vous évader, retrouvez notre portrait haut en couleur de Titouan Lamazou (lire pages 18 à 25). Artiste talentueux et navigateur insatiable, celui qui a été piqué au tiare il y a plus de quarante ans déjà a décidé de poser l’encre et les pinceaux au fenua. Découvrez un homme d’exception, qui confie avoir une “empathie sociale congénitale”, mais également un peintre de génie, qui a eu à cœur de créer une gamme de produits dérivés de ses œuvres privilégiant une coopération locale avec l’ambition d’une production 100% “made in Tahiti. Un bel exemple d’énergie positive, dont nous devrions nous inspirer. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année et vous adresse ses meilleurs vœux pour 2021.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT