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Nidoïsh Naisseline, grand chef kanak


Vendredi 21 Septembre 2018 - écrit par Bambü


C’est à Maré, dans l’une des trois îles Loyauté au large de la Nouvelle-Calédonie, que Walles Kotra s’entretient avec le grand chef coutumier Nidoïsh Naisseline. Accueilli dans la grande chefferie Guahma, c’est avec un profond respect qu’il retrace la vie de ce grand sage au parcours marqué par des engagements forts : auprès des "Foulards rouges" dans la lutte indépendantiste, dans la vie politique et économique du pays, œuvrant vers plus d’autonomie, tout en préservant du mieux possible le rôle fondamental de la coutume dans un territoire en pleine mutation.



Né en 1945, fils de grand chef, Nidoïsh Naisseline était destiné à assumer les mêmes responsabilités coutumières que son père. Son éducation est allée en ce sens depuis son plus jeune âge. Rencontre inédite avec ce grand sage, dans l’intimité de sa case, qui accepte de témoigner sur son parcours de vie.

Sur les traces du grand chef

Élevé par sa grand-mère, l’éducation kanak lui transmet le respect de la parole, lui apprend à gérer sa relation à l’autre, à prendre le temps d’écouter et de se taire, à savoir s’excuser et pardonner publiquement, à recevoir avec humilité les savoirs des anciens… Et à accepter qu’un chef ne cesse jamais d’apprendre, car c’est ainsi qu’il devient plus sage. "Ces sages ont une fonction dans la tribu : ils débroussent le chemin vers la vérité du groupe et les hommes viennent y puiser la force. Ces sages disent l’essentiel." Tout en Nidoïsh Naisseline atteste qu’il est bien un sage des temps modernes...

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier