Menu

Nouvelle-Zélande : Jacinda Ardern déclare “l’urgence climatique”


Vendredi 4 Décembre 2020 - écrit par Agence France-Presse




Crédit photo : AFP
Crédit photo : AFP
La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a proclamé, mercredi dernier, un état d’”urgence climatique” devant le Parlement, soulignant la nécessité d’une action rapide en ce domaine dans l’intérêt des générations futures. “Lorsque nous faisons des déclarations, c’est souvent qu’il y a une menace pour la vie, une menace pour les biens, et des urgences concernant la sécurité civile”, a déclaré la dirigeante de centre-gauche. “Si nous ne réagissons pas au changement climatique, nous continuerons à subir ces urgences sur nos côtes.” “Votez en faveur de cette déclaration, tenez-vous du bon côté de l’histoire, faites partie de la solution que nous devons apporter collectivement à la prochaine génération”, a-t-elle exhorté.
Les parlementaires ont adopté la déclaration d’urgence climatique, largement symbolique, par 76 votes contre 43. Le Parlement britannique était devenu, le 1er mai 2019, le premier dans le monde à déclarer l’”urgence écologique et climatique”, suivi par l’Irlande. Selon The Climate Mobilisation, un lobby américain faisant la promotion de ces déclarations, une dizaine de parlements ont fait de même, tout comme 1 800 collectivités locales dans le monde. Pour le Parti national néo-zélandais (opposition de centre-droit), cette déclaration peut nuire, “en faisant croire aux gens que quelque chose s’est produit, alors que ce n’est pas le cas”, a déclaré sa dirigeante, Judith Collins, à Radio New Zealand. “C’est assez faux et trompeur.

Objectif neutralité carbone pour 2050

La Nouvelle-Zélande fait partie des pays qui se sont engagés à atteindre l’objectif de neutralité carbone pour les gaz à effet de serre d’ici 2050. Le pays, qui compte moins de 5 millions d’habitants, s’est également engagé à produire 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2035. Le gouvernement de Jacinda Ardern, qui avait fait campagne sur les thèmes environnementaux avant son arrivée au pouvoir en 2017, est cependant accusé par certains de ne pas faire assez pour renforcer la réputation “propre, verte” du pays. Le groupe Climate Action Tracker – qui évalue les engagements des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre – estime que les politiques climatiques de la Nouvelle-Zélande sont “insuffisantes” pour atteindre ses objectifs dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat de 2015.
Greenpeace de son côté relève que l’objectif de neutralité carbone pour 2050 ne concerne pas le méthane, l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre du pays, afin de préserver un secteur agricole vital pour Wellington. “Quand la maison brûle, il ne sert à rien de déclencher l’alarme si on ne combat pas l’incendie”, a critiqué l’une de ses représentantes, Kate Simcock. “Lutter contre l’incendie en Nouvelle-Zélande signifie lutter contre les émissions agricoles.” 

Source : Agence France-Presse

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel





La mémoire des essais nucléaires au risque d’Alzheimer…

Après la publication de notre dossier consacré à une arnaque au tapa “made in Thailand” envahissant le marché polynésien (lire TPM n° 445 du 18 décembre 2020), qui a suscité l’indignation dans le monde de la culture, le soutien du Pays affiché aux artisans quelques jours plus tard devant les médias étonne pour ne pas dire détone… En effet, le gouvernement a laissé filer un trafic de “faux tapa” qui inonde depuis une vingtaine d’années les curios, les musées et même aujourd’hui certains hôtels de luxe, mais il n’hésite pas à s’afficher fièrement en grand défenseur des artisans pour une opération lancée dans les magasins Carrefour et Champion pour les fêtes de fin d’année. Cherchez l’erreur…

Autre actualité qui nous fait dresser les poils, au rayon des archives militaires cette fois : l’historien Jean-Marc Regnault nous alerte sur la récente complexification de l’accès des documents dont la communication porte atteinte au secret de la défense nationale. Alors que la loi du 15 juillet 2008 relative aux archives, inscrite dans le code du patrimoine, prévoyait un délai de cinquante ans pour autoriser leur consultation, une révision des dispositions en 2011 a précisé que tout document portant un marquage “Secret Défense”, dit “classifié au titre du secret de la défense nationale”, devait être déclassifié par l’autorité compétente avant communication… Eh bien figurez-vous que la situation s’est aggravée depuis 2020 en raison d’une interprétation de plus en plus restrictive de cette instruction interministérielle, qui a entraîné le blocage de nombreux fonds aux Archives nationales, aux Archives du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris, comme aux archives de la Défense. En clair, cela signifie que des documents qui étaient librement communicables et communiqués, des documents qui avaient été publiés dans de nombreux livres d’Histoire, sont désormais… inaccessibles ! C’est l’objet de notre dossier de Une pour ce premier numéro de l’année (lire pages 14 à 16). Pourquoi l’État poursuit-il sa politique de l’autruche et fait tout pour cacher la vérité historique ? Y aurait-il tant de secrets inavoués et inavouables ? La reconnaissance du fait nucléaire serait-elle un perpétuel combat ? D’ailleurs, y aura-t-il jamais un Centre de mémoire des essais en Polynésie ? La question est posée.

Enfin, parce que nous aimons aussi vous faire vous évader, retrouvez notre portrait haut en couleur de Titouan Lamazou (lire pages 18 à 25). Artiste talentueux et navigateur insatiable, celui qui a été piqué au tiare il y a plus de quarante ans déjà a décidé de poser l’encre et les pinceaux au fenua. Découvrez un homme d’exception, qui confie avoir une “empathie sociale congénitale”, mais également un peintre de génie, qui a eu à cœur de créer une gamme de produits dérivés de ses œuvres privilégiant une coopération locale avec l’ambition d’une production 100% “made in Tahiti. Un bel exemple d’énergie positive, dont nous devrions nous inspirer. Toute la rédaction de Tahiti Pacifique vous souhaite, chers lecteurs, une excellente année et vous adresse ses meilleurs vœux pour 2021.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT