Menu

Nouvelle-calédonie : le gouvernement lutte contre la hausse des prix


Jeudi 3 Octobre 2019 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




“Nous croyons en la concurrence”, a affirmé Christopher Gygès, pour qui les consommateurs doivent “être acteurs dans la baisse des prix”. Crédit photo : J.-F.G.
“Nous croyons en la concurrence”, a affirmé Christopher Gygès, pour qui les consommateurs doivent “être acteurs dans la baisse des prix”. Crédit photo : J.-F.G.
C’est fini. Le contrôle des marges, initié l’année dernière par le précédent gouvernement afin d’accompagner le passage à la Taxe générale sur la consommation (TGC) a été retiré début octobre. Mais ce retrait ne veut pas dire la fin des contrôles. C’est ce qu’a tenu à préciser le gouvernement, par l’intermédiaire de Christopher Gygès, porte-parole, mais également en charge de la relance économique au sein de l’exécutif. “Il ne s’agit pas d’un saut dans l’inconnu, affirme le responsable. Nous avons travaillé pour obtenir des accords interprofessionnels. Ceci a mené à la mise en place des boucliers qualité-prix.” Un système où le contrôle des prix ne se fait pas sur un article unique, mais sur un panier de produits de consommation courante, vendu à un prix modéré, élaboré en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés (transporteurs, importateurs, producteurs, industriels, distributeurs, etc.).
L’exécutif met en avant des résultats probants dans certains Dom (de -5,4 % en Guyane à -12 % à La Réunion depuis la mise en place de ces boucliers l’année dernière). Concrètement, ici, les surfaces supérieures à 2 500 m2 devront offrir un panier de 100 produits inférieur ou égal à 32 000 Fcfp (ce même panier étant estimé actuellement à 35 700 Fcfp dans le Grand Nouméa, 33 345 Fcfp en Brousse et 40 448 Fcfp dans les îles). Les surfaces comprises entre
1 000 m2 et 2 500 m2 devront proposer un panier de 70 produits pour 25 000 Fcfp. Les plus petites, un panier de 50 produits à 18 000 Fcfp. Ces accords seront valables six mois. Du court terme donc, en attendant les mesures qui dureront dans le temps.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT