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Politique : Joseph Boanemoa vise davantage de justice sociale


Jeudi 6 Février 2020 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Crédit photo : DR
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"La volonté des indépendantistes à Nouméa, c’est de présenter une liste jeune. Jeune en politique et renouvelée." C’est en ces termes qu’Olivier Fandos, directeur de campagne, a présenté, à la presse, la liste Unité pays qui émane du Comité nationaliste et citoyen (CNC) de Nouméa mis en place par le FLNKS. Une liste qui rassemble de "nouvelles têtes" mais aussi de "ténors" comme Joseph Boanemoa, le président du comité de l’Union calédonienne (UC) de Nouméa qui travaille par ailleurs dans le domaine de la culture. C’est lui qui tirera la liste pour les élections municipales dans la capitale. Une décision prise de manière collégiale, fait savoir Olivier Fandos.
Ses colistiers sont Laurie Humuni, secrétaire générale du Rassemblement démocratique océanien (RDO) qui exerce dans l’enseignement, Luther Voudjo, juriste de formation qui représente le Mouvement néo-indépendantiste et souverainiste (MNIS). Mais aussi Josia Poaniewa de Dynamik unitaire Sud (DUS) qui travaille dans le commerce, Pierre Wong Kong Tao premier secrétaire général adjoint de l’Union progressiste en Mélanésie (UPM), issu du secteur privé, et Monia Diriberry du Syndicat libre unité action (SLUA) qui gère une maison de quartier. Leur priorité ? Faire en sorte qu’il y ait plus de justice sociale. "Tout le monde veut bien vivre à Nouméa, mais il y a des difficultés sociales. Le bien vivre des quartiers nord et sud passe par une meilleure prise en compte des populations des quartiers nord", souligne Olivier Fandos.

Des transports en commun gratuits

Pour aller dans ce sens, la liste Unité pays veut mettre en place des maisons communes. En parallèle des maisons de quartier. Mais avec une philosophie différente. "On veut redonner la possibilité aux gens des quartiers d’être acteurs. Ils sont capables d’identifier un problème et d’apporter une solution adéquate", explique Joseph Boanemoa. Ces maisons communes gérées par des associations traiteraient des problématiques différentes. Des problématiques qui remonteraient par la suite au sein d’un conseil de quartier. "Il pourrait y avoir une permanence de la Cafat dans ces maisons communes", précise la tête de liste.
Autre élément fort du programme : établir la gratuité des transports en commun "en réorientant certaines taxes". Une façon de lutter contre la vie chère. La liste a encore d’autres idées pour être davantage en phase avec les cultures kanak et océaniennes. "À 20 heures, la morgue est fermée. Il faudrait étendre les horaires d’ouverture pour que les familles puissent se rassembler et faire leurs choses. C’est aussi ça mettre l’identité kanak et océanienne dans la ville", estime Joseph Boanemoa. La liste envisage aussi d’étendre les jardins familiaux de manière à ce que les familles océaniennes puissent tendre à l’autosuffisance. "On pourrait aussi créer des quartiers plus océaniens, ajoute Olivier Fandos. Dans les hauteurs, il y a plein de sentiers. On pourrait réaménager des sentiers de randonnée utilisables par tout le monde."

Source : Les Nouvelles Calédoniennes


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Le coronavirus tue, la psychose frappe…

Le coronavirus tue, la psychose frappe…
L’information tourne en boucle à la télé, sur la Toile et dans les bureaux : venu de Chine, le Coronavirus 2019-nCoV aurait déjà fait, à l’heure où nous mettions sous presse, mercredi, 500 morts et infecté près de 25 000 personnes dans le monde. À l’épicentre de l’épidémie : la vente illégale d’animaux vivants, tels que des rats, des louveteaux, des salamandres géantes… sur les étals d’un marché aux poissons à Wuhan, le Huanan South China Seafood Market. Depuis les années 1980, plusieurs épidémies ont été corrélées à des sources animales comme le Sida, transmis par un singe, le virus Ebola, transmis par une chauve-souris, et le Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), transmis par une civette. Selon les scientifiques du projet Global Virome, la faune sauvage abriterait 1,7 million de virus encore inconnus et la moitié d’entre eux pourrait être dangereux pour l’Homme. Face à cette propagation du virus à l’échelle planétaire, la psychose collective est, elle aussi, effrayante, illustrant encore une fois nos sociétés contaminées par l’individualisme, l’égocentrisme et la peur de l’Autre.

Le Courrier Picard a, par exemple, suscité un grand malaise en titrant en couverture “Alerte jaune”, et en rédigeant un éditorial intitulé “Un nouveau péril jaune ?”. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus est même né pour dénoncer les clichés racistes véhiculés par l’apparition de l’épidémie. Le fenua n’a malheureusement pas été épargné par cette contagion du racisme ; certains internautes ont dérapé en réagissant de manière très virulente à l’arrivée des 300 touristes chinois qui, pourtant, bénéficient d’un suivi sanitaire particulier. Le consul de Chine est d’ailleurs sorti du bois pour demander de ne pas céder à la panique et dénoncer toute forme d’incitation raciale. Les autorités sanitaires ont beau expliquer que les masques servent essentiellement à protéger les personnes malades, rien à faire… La population s’est ruée sur les pharmacies de la place, où près de 3 000 masques chirurgicaux ont été achetés en quelques jours.

Il faut dire que le gouvernement n’a pas réussi à rassurer, en prenant simplement des “mesurettes” pour “éviter l’entrée du coronavirus en Polynésie” : mise en place d’une caméra thermique (à l’utilité contestée), port de masques en zone aéroportuaire (à l’efficacité non démontrée), contrôles médicaux obligatoires, et suspension des permis de travail et de séjour chinois, au risque de faire un peu tousser le tourisme. Les autorisations de voyage scolaire à l’international ont été également suspendues. Cependant, beaucoup demandent plus, et notamment la “fermeture des frontières”, à l’instar de nombreux pays. Rassurons-nous, les scientifiques du monde entier sont sur le pied de guerre, et l’Institut Pasteur espère un vaccin d’ici 2021. En attendant, cette catastrophe sanitaire internationale soulève la question récurrente de la défiance de l’Homme vis-à-vis des vaccins (lire notre dossier de Une, en pages 16-25). Alors que le vaccin contre la grippe ne soulève pas les foules, tous se jetteraient demain sur celui contre le coronavirus. En outre, cette urgence planétaire nous rappelle tristement que les lignes bougent uniquement lorsque chacun d’entre nous se sent menacé. Pour le coronavirus, tous s’affolent ; pour la faim dans le monde (11 % de la population), tous s’en lavent les mains ! Mais la faim, elle, n’est pas contagieuse, n’est-ce pas ?… n


Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt