Si la période est propice (et surtout pratique), en cette période où l’actualité tourne en boucle sur les cadeaux de Noël, à des sujets retraçant l’année écoulée, nous avons pris le parti de ne pas suivre la tendance. Mais peut-être est-ce dans notre ADN.
Dans sa globalité, l’année 2019 n’aura rien eu d’exceptionnel. Drames, faits divers et autres annonces ou changements politiques l’ont émaillée, tout comme parfois quelques notes positives, comme le règne de notre Miss France, ou l’annonce par le Comité organisateur des Jeux olympiques du choix de Teahupoo, pour l’édition de 2024.
Autre note positive, celle des A3, maintenue par l’agence Moody’s, actant la bonne santé financière du Pays. On peut s’en féliciter, s’en réjouir. Qu’un pays soit en bonne financière est une chose, que ses habitants aient une bonne santé physique en est une autre, toute aussi – sinon – plus importante. Dans sa présentation du budget 2020, le gouvernement a tenté de faire taire ses détracteurs, insistant sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre la détresse sociale, qui va souvent de pair avec des problèmes physiques issus de certaines addictions mais aussi, pour le plus grand nombre, d’une mauvaise alimentation. En début d’année (26 janvier dernier), le président Fritch, lors de ses vœux aux confessions religieuses, avait lancé une supplique : “Devant certaines situations préoccupantes, j’ai l’humilité de vous demander de nous aider.” De l’aide pour limiter la consommation d’alcool, mais aussi lutter contre “toutes les formes d’addiction les plus nuisibles pour nos familles et notre santé. (…) Il y a également une autre forme d’addiction, plus insidieuse, plus douce, mais tout aussi préoccupante pour notre santé, c’est l’obésité et le diabète”. La guerre contre le sucre ayant été édulcorée au cours de l’année, le message sur ce dernier point laisse pantois.
Guerre, le terme est assumé. Guerre humaine, car il y aura des victimes de plus en plus nombreuses, mais aussi guerre économique, car le coût des soins supporté par la société mettra à mal un système de santé en situation déjà précaire.
Nous nous en sommes déjà ouverts dans ce magazine : une politique de santé n’est pas vouée qu’à se manifester dans le curatif, la prévention en Polynésie est quasi inexistante. Comment se satisfaire, pour 2019, de l’ouverture (fin septembre dernier) d’un centre pour seulement 16 patients obèses et diabétiques, tout autant que de la rénovation de quelques plateaux sportifs comme dernièrement celui du skatepark de Papeete ?
Il est peut-être bon de rappeler le rapport parlementaire de la semaine dernière : en Polynésie, 70% de la population adulte est en surpoids, dont 40% obèses (2010). Conséquence : dans l’Hexagone, l’espérance de vie s’élève à 79 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, mais elle baisse à 77 et 85 ans en Guadeloupe, à 76 et 82 ans en Guyane et à 74 et 80 ans dans les collectivités du Pacifique.
Quelles solutions ? Il serait peut-être bon de nous inspirer de nos voisins, comme les Australiens, qui mènent une véritable politique axée sur la pratique sportive à tout âge. Incitation à toute pratique, qui se traduit par des frais de licence inexistants pour les seniors, des parcours de santé en nombre…
Les plus sceptiques n’auront qu’à se référer aux participations des Australiens ou encore des Néo-Zélandais aux Championnats du monde de va’a, quand Tahiti a du mal à trouver un équipage dans les plus de 60 ans.
Une politique volontariste, incitative, avec une vraie baisse des droits d’entrée sur le matériel sportif, la baisse ou la suppression du coût des licences, la création de parcours sportifs dignes de ce nom (comment expliquer la présence de tous ces marcheurs le long de la RDP ou dans le col du Tahara’a ?), des certificats médicaux moins onéreux… les idées ne manquent pas, comme la répartition des tâches entre gouvernement et CPS, mais aussi les communes.
Bien sûr, cette politique aura un coût, mais celui de nos frais de santé aussi, et de manière exponentielle…
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dans sa globalité, l’année 2019 n’aura rien eu d’exceptionnel. Drames, faits divers et autres annonces ou changements politiques l’ont émaillée, tout comme parfois quelques notes positives, comme le règne de notre Miss France, ou l’annonce par le Comité organisateur des Jeux olympiques du choix de Teahupoo, pour l’édition de 2024.
Autre note positive, celle des A3, maintenue par l’agence Moody’s, actant la bonne santé financière du Pays. On peut s’en féliciter, s’en réjouir. Qu’un pays soit en bonne financière est une chose, que ses habitants aient une bonne santé physique en est une autre, toute aussi – sinon – plus importante. Dans sa présentation du budget 2020, le gouvernement a tenté de faire taire ses détracteurs, insistant sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre la détresse sociale, qui va souvent de pair avec des problèmes physiques issus de certaines addictions mais aussi, pour le plus grand nombre, d’une mauvaise alimentation. En début d’année (26 janvier dernier), le président Fritch, lors de ses vœux aux confessions religieuses, avait lancé une supplique : “Devant certaines situations préoccupantes, j’ai l’humilité de vous demander de nous aider.” De l’aide pour limiter la consommation d’alcool, mais aussi lutter contre “toutes les formes d’addiction les plus nuisibles pour nos familles et notre santé. (…) Il y a également une autre forme d’addiction, plus insidieuse, plus douce, mais tout aussi préoccupante pour notre santé, c’est l’obésité et le diabète”. La guerre contre le sucre ayant été édulcorée au cours de l’année, le message sur ce dernier point laisse pantois.
Guerre, le terme est assumé. Guerre humaine, car il y aura des victimes de plus en plus nombreuses, mais aussi guerre économique, car le coût des soins supporté par la société mettra à mal un système de santé en situation déjà précaire.
Nous nous en sommes déjà ouverts dans ce magazine : une politique de santé n’est pas vouée qu’à se manifester dans le curatif, la prévention en Polynésie est quasi inexistante. Comment se satisfaire, pour 2019, de l’ouverture (fin septembre dernier) d’un centre pour seulement 16 patients obèses et diabétiques, tout autant que de la rénovation de quelques plateaux sportifs comme dernièrement celui du skatepark de Papeete ?
Il est peut-être bon de rappeler le rapport parlementaire de la semaine dernière : en Polynésie, 70% de la population adulte est en surpoids, dont 40% obèses (2010). Conséquence : dans l’Hexagone, l’espérance de vie s’élève à 79 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes, mais elle baisse à 77 et 85 ans en Guadeloupe, à 76 et 82 ans en Guyane et à 74 et 80 ans dans les collectivités du Pacifique.
Quelles solutions ? Il serait peut-être bon de nous inspirer de nos voisins, comme les Australiens, qui mènent une véritable politique axée sur la pratique sportive à tout âge. Incitation à toute pratique, qui se traduit par des frais de licence inexistants pour les seniors, des parcours de santé en nombre…
Les plus sceptiques n’auront qu’à se référer aux participations des Australiens ou encore des Néo-Zélandais aux Championnats du monde de va’a, quand Tahiti a du mal à trouver un équipage dans les plus de 60 ans.
Une politique volontariste, incitative, avec une vraie baisse des droits d’entrée sur le matériel sportif, la baisse ou la suppression du coût des licences, la création de parcours sportifs dignes de ce nom (comment expliquer la présence de tous ces marcheurs le long de la RDP ou dans le col du Tahara’a ?), des certificats médicaux moins onéreux… les idées ne manquent pas, comme la répartition des tâches entre gouvernement et CPS, mais aussi les communes.
Bien sûr, cette politique aura un coût, mais celui de nos frais de santé aussi, et de manière exponentielle…
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Edito






























