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Violence : "Des vagues d’adolescents qui voulaient clairement en découdre"


Vendredi 11 Août 2017 - écrit par Les Nouvelles Calédoniennes




Au moins deux cents jeunes se sont retrouvés mêlés à une bagarre générale, vendredi dernier, à la sortie des classes, vers la place du village. Malgré le dispositif de sécurité déployé à chaque veille de vacances, une quarantaine de gendarmes ont dû intervenir.
"Je suis à Païta depuis 2001. Des petites bagarres, j’en ai déjà vues plusieurs sur la place, mais jamais de cette ampleur", déplore Jérôme Lafenêtre, le directeur de l’école Heinrich-Ohlen, située aux premières loges de l’incident qui a secoué le village, vendredi.
Tout commence vers 15 heures, à la sortie des classes des collèges et des lycées de la commune. Vacances scolaires obligent, l’excitation est à son comble et les jeunes convergent en nombre aux abords de la place centrale. Selon plusieurs témoignages, ils sont entre 200 et 300, lorsque fusent des insultes, puis éclate une bagarre générale entre deux bandes rivales, opposant des adolescents de la commune à des jeunes originaires des îles.

Des enfants en pleurs

Déjà sur place, comme c’est le cas à chaque veille de vacances (lire l’encadré), une équipe de gendarmes intervient dans la foulée, rapidement rejointe par des renforts afin de maîtriser
la situation, devenue hors de contrôle. Certains de leurs véhicules sont même caillassés. Au plus fort des tensions, une quarantaine de militaires ont été mobilisés afin de rétablir l’ordre. Les gendarmes resteront sur place jusqu’à 19 h 30, notamment afin d’assurer le départ des cars vers les communes de Brousse. Une scène qui a particulièrement choqué les enfants de l’école Ohlen. "J’ai été obligé de faire rentrer en urgence mes externes car ils commençaient à se faire bousculer par ces vagues d’adolescents qui voulaient clairement en découdre, raconte Jérôme Lafenêtre. On avait certains enfants qui étaient en pleurs. Il y en a même un qui est reparti en boitant. Les parents arrivaient en courant, très inquiets. C’était chaud. Cela commençait à courir dans tous les sens, même dans la cour de l’école où certains jeunes passaient par-dessus les barrières. Sans l’intervention des forces de l’ordre, cela aurait pu très vite dégénérer."
Si le directeur ne s’attendait pas à une telle montée de violence, l’incident en lui-même ne le surprend guère. "C’était latent. Il y avait déjà eu une bagarre quelques jours auparavant sur la place. Et on sentait la tension monter, même dans l’école. L’établissement a d’ailleurs été tagué tous les jours de la semaine."
Ce climat de tension, la ville en avait également eu vent la veille de
la bagarre. "Dès le jeudi, nos médiatrices nous ont alertés qu’il y avait un risque de règlement de comptes. L’inconnue était de savoir où cela se produirait, explique Willy Gatuhau, le premier adjoint, qui s’est rendu sur place. Je m’interroge sur ce qu’il se passe dans certains établissements. Comment nos médiatrices ont pu entendre de l’extérieur, ce que les autres n’ont pas entendu de l’intérieur ?"

Une interpellation

Si aucun blessé n’a été déclaré, au vu de la tournure qu’a pris cet incident, l’élu compte bien ne pas en rester là. "C’est inadmissible et encore plus choquant que cela se produise devant une école. Une dame a porté plainte car elle a reçu un caillou. Un de nos adjoints s’est fait exploser son pare-brise alors qu’il circulait en voiture. On ne peut pas prendre les administrés en otage comme ça, s’offusque-t-il. Une personne a été interpellée et nous allons visionner les vidéos des caméras afin de tenter d’identifier d’autres individus. J’attends beaucoup, en termes de sanctions, de la part des établissements où ils sont scolarisés." Cette flambée de violence en pleine journée, au cœur du village, alors même qu’un dispositif de sécurité accru était déployé, n’est pas sans relancer un vieux débat : faudrait-il créer une police municipale à Païta ? Question à laquelle Willy Gatuhau répond, de manière détournée : "On doit avoir une approche globale sur ce sujet. Aujourd’hui nous dépensons déjà 500 millions de francs pour la prévention. On pourra mettre tous les moyens possibles, cela ne changera rien s’il n’y a pas suffisamment de répression ensuite."

Chaque veille de vacances scolaires, la ville craint des débordements entre élèves. Un dispositif accru de sécurité est alors mis en place en partenariat avec la mairie, les médiatrices et la gendarmerie. Cette fois-ci, il avait été activé dès le jeudi. L’alerte donnée par les médiatrices et l’intervention très rapide des gendarmes montrent bien la pertinence de ce dispositif, estime Willy Gatuhau, qui souhaite réunir des membres du conseil local de sécurité et prévention de la délinquance (CLSPD), la semaine prochaine, afin de tirer un bilan sur cet incident. À noter que de tels moyens sont déployés à Païta et à Dumbéa, particulièrement touchées par ces risques de débordements avant les vacances.

Source : Les Nouvelles Calédoniennes

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2018 : sous le signe des Territoriales

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Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier