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Le jus polynésien de plus en plus déconcentré

Crédit photo : Greg. Boissy
Depuis quelques années, la production d’ananas est insuffisante pour couvrir les besoins de la production locale de jus. Un constat récurrent lié à la fois à l’arrêt des cultures par un gros producteur, mais également à la volonté des agriculteurs d’écouler leur production sur les marchés locaux, où les prix de vente sont plus élevés, plutôt qu’à destination de l’industrie agroalimentaire. Pour pallier ce déficit de fruits, le Pays autorise depuis 2015 l’importation de jus d’ananas concentré et de concentrés d’ananas "destinés à être utilisés exclusivement pour la fabrication de boissons par les fabricants locaux de jus et boissons aux fruits". Cette importation ne peut se faire que "par dérogation" et "sous réserve de la production d’une licence d’importation". Cette possibilité, initialement ouverte pour une période de six mois à compter du 1er juillet 2015, a été renouvelée pour un semestre, à compter du 1er juillet 2017. Plus récemment, en 2019, la possibilité d’importation était ouverte pour une période de huit mois, à compter du 1er mai 2019. Le 5 juin dernier, le conseil des ministres a décidé de faire perdurer un dispositif qui était initialement prévu "par dérogation". L’importation autrefois strictement interdite de concentré sera de nouveau possible en 2020 pour cinq mois, à compter du 1er mai 2020.

300 tonnes de concentré importées en quelques mois

Si l’ouverture des importations est de plus en plus fréquente, les volumes concernés sont difficiles à connaître. La Direction générale des affaires économiques (DGAE) indique accorder les licences sans comptabiliser les volumes, et les données douanières sont éparses. Les importations de ces jus concentrés destinés à la fabrication sont en effet autorisées sous plusieurs nomenclatures douanières. Elles peuvent être très larges et vagues, comme le code 21.06.90.90 "Préparations alimentaires" et recouvrir d’autres produits. Le code 20.09.49.00, lui, précise l’importation de "jus d’ananas, non fermentés, sans addition d’alcool, avec ou sans addition de sucre ou d’autres édulcorants, d’une valeur Brix excédant 20". La valeur Brix correspond au taux de concentration en sucre et ce qui renvoie à des jus très concentrés destinés à la dilution. En 2015 et en 2017, il avait ainsi été importé respectivement 127 et 106 tonnes de ce type de concentré, en provenance d’Espagne principalement. En 2019, ce sont 76 tonnes qui sont arrivées depuis la Thaïlande. Plus de 300 tonnes en quelques mois, achetées environ 240 Fcfp le kilo, pour être diluées dans les chaînes de production. Avec la réouverture des importations pour 2020, ce sont sûrement des centaines d’hectolitres de jus qui, après dilution, pourront être produites localement avec peut-être une estampille "Made in Fenua".

(S.P.)





Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT