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Énergie : EDT dans le viseur du Pays


Vendredi 6 Avril 2018


Le 14 mars dernier, l’assemblée de Polynésie a adopté à une très forte
majorité un projet de loi du Pays relative aux provisions pour renouvellement
des immobilisations dans les délégations de service public. Plus en grosses lettres qu’en filigrane, Électricité de Tahiti se sent clairement visée par cette loi
qui souligne un détournement du mécanisme par les délégataires pour pérenniser une rente colossale.



Crédit photo : Luc Ollivier - Montage photo : Taema Cuneo
Crédit photo : Luc Ollivier - Montage photo : Taema Cuneo
Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que le Pays prenne un virage à 180° avec sa vision politique et économique du dossier de l’Énergie ? C’est bien la première fois en trois ans d’exercice du pouvoir que le gouvernement Fritch s’en prend ouvertement à EDT, alors qu’il avait jusqu’à présent plutôt œuvré dans son sens. L’affaire Secosud peut en attester. On ne peut aujourd’hui que spéculer sur ce changement de cap : élections territoriales en vue et donc une annonce qui, même sans s’accompagner d’une baisse des tarifs, ne peut être que bien accueillie par la population, à qui on ne cesse de rabâcher qu’elle paye son électricité beaucoup plus cher qu’elle ne le devrait ? Problèmes relationnels entre le ministre de tutelle nommé en 2017, Heremoana Maamaatuaiahutapu, et le P-dg Grégoire de Chillaz ?
En tout cas, les opposants à EDT se frottent aujourd’hui les mains et veulent bien croire que leur travail de lobbying auprès des dirigeants de tous bords a fini par porter ses fruits...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT