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Énergie : EDT dans le viseur du Pays


Vendredi 6 Avril 2018 - écrit par Luc Ollivier


Le 14 mars dernier, l’assemblée de Polynésie a adopté à une très forte
majorité un projet de loi du Pays relative aux provisions pour renouvellement
des immobilisations dans les délégations de service public. Plus en grosses lettres qu’en filigrane, Électricité de Tahiti se sent clairement visée par cette loi
qui souligne un détournement du mécanisme par les délégataires pour pérenniser une rente colossale.



Crédit photo : Luc Ollivier - Montage photo : Taema Cuneo
Crédit photo : Luc Ollivier - Montage photo : Taema Cuneo
Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que le Pays prenne un virage à 180° avec sa vision politique et économique du dossier de l’Énergie ? C’est bien la première fois en trois ans d’exercice du pouvoir que le gouvernement Fritch s’en prend ouvertement à EDT, alors qu’il avait jusqu’à présent plutôt œuvré dans son sens. L’affaire Secosud peut en attester. On ne peut aujourd’hui que spéculer sur ce changement de cap : élections territoriales en vue et donc une annonce qui, même sans s’accompagner d’une baisse des tarifs, ne peut être que bien accueillie par la population, à qui on ne cesse de rabâcher qu’elle paye son électricité beaucoup plus cher qu’elle ne le devrait ? Problèmes relationnels entre le ministre de tutelle nommé en 2017, Heremoana Maamaatuaiahutapu, et le P-dg Grégoire de Chillaz ?
En tout cas, les opposants à EDT se frottent aujourd’hui les mains et veulent bien croire que leur travail de lobbying auprès des dirigeants de tous bords a fini par porter ses fruits...

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Un peu de mansuétude

Alors que le mercato bat son plein dans les listes électorales au moment du sprint final, prouvant s’il en était encore besoin toute la versatilité de nos hommes politiques, les plus beaux parleurs de chacune des six listes se démultiplient entre interviews pour la presse écrite et audiovisuelle, sans oublier les radios. Depuis la dernière quinzaine, le rythme s’est emballé car les meetings dans chaque archipel, île, ville et quartier se succèdent avec une certaine frénésie.
Toutes les annonces de ralliement sont bonnes à médiatiser, car elles tendent à prouver l’esprit d’ouverture de chaque liste ; c’est oublier un peu vite les rai- sons premières de ces désistements : la colère ou au mieux la déception. On ne recrute pas dans le camp d’en face par une subite « illumination » de l’intéres- sé(e) mais bien parce qu’il ou elle n’a
pas eu la reconnaissance espérée. Le transfert d’un historique de l’UPLD au Tahoera’a, Myron Mataoa, bien qu’il se défende d’avoir quitté ce parti d’union depuis longtemps, en est l’une des der- nières et plus parfaites illustrations. Le parti orange ne s’est pas privé d’en faire ses choux gras, comme d’autres partis ont pu le faire dans des circonstances similaires. Tous est bon donc pour montrer que l’on est ouvert et surtout à l’écoute de chacun.
Des associations l’ont bien compris, n’hésitant à interpeller publiquement les listes leur demandant de se positionner sur les causes qu’elles défendent. Ainsi, ces derniers jours, Te Ora Hau pour le bruit, Te Ora Naho pour l’environne- ment, l’ARPAP pour la protection ani- male, Te Vai Ara pour le classement des terrains en zone rouge ou bien encore, à titre plus personnel, Marama Vahirua, sur sa page Facebook, pour le sport, ont
tenté d’apporter un éclairage sur des questions de société. Il faut croire que les passages télé, les reportages, les pro- fessions de foi, les spots de campagne, la communication sur les réseaux sociaux ne suffisent plus.
Mais à ce train-là, on va les user nos futurs représentants, d’autant que d’ici peu, au soir du premier tour, ceux qui seront toujours en course devront redou- bler d’efforts jusqu’au 6 mai.
Alors, s’il vous plaît, un peu de mansuétude, laissez-les souffler un peu, à moins que vous ne vouliez les trouver complètement asphyxiés sur les bancs de l’assemblée. Ils n’auront que cinq ans, si tout va bien, pour se remettre de leurs émotions ; les nôtres viendront plus tard. Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier