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Frederick Grey : "La Polynésie française n'investit pas assez dans le tourisme"


Vendredi 22 Septembre 2017 - écrit par Marie-Caroline Carrère


Le nom Frederick Grey revient fréquemment à la Une de l'actualité en Polynésie française. Cet homme d'affaires samoan est venu au fenua en 2010. Depuis, il a racheté cinq complexes hôteliers à Tahiti, Moorea et Bora Bora et la société de transport touristique Tahiti Nui Travel. Le magnat samoan ne compte pas s'arrêter là, il a d'autres projets en tête pour la Polynésie française.



Sheraton Samoa Aggie Grey’s Resort. crédit photo : Grey Investment Group
Sheraton Samoa Aggie Grey’s Resort. crédit photo : Grey Investment Group
Frederick Grey et sa société Grey Investment sont le plus gros hôtelier de Polynésie française. Arrivé en 2012 sur le marché polynésien avec le rachat du Méridien de Tahiti, il a depuis ajouté à ses possessions le Sofitel à Moorea, le Manava Moorea, les deux Sofitel de Bora Bora et la société Tahiti Nui Travel. Toujours en quête de nouveaux investissements, l'homme d'affaires samoan semble décidé à rester en Polynésie. Ses envies ? Rallier Tahiti et les îles Samoa par une ligne aérienne, l'ouverture d'au moins un casino sur le territoire polynésien, lancer un bateau de croisière qui relierait la Polynésie aux Samoa et enfin continuer à racheter des hôtels en Polynésie. Dans un entretien sans langue de bois, il nous parle de ses projets en Polynésie, mais aussi de sa bête noire, l'autorité de la concurrence, qui semble être un frein à sa conquête hôtelière de la Polynésie. Peu importe, il mise sur la diversification et compte sur ses bonnes relations avec les hommes politiques de tous bords pour continuer ses incursions. Cette indépendance politique lui permet une certaine liberté de ton à l'égard du gouvernement. Il ne se prive d'ailleurs pas de tacler le Pays qui n'investirait pas suffisamment dans le tourisme à son goût.

On entend beaucoup parler de vous et de votre groupe par les médias, mais qui êtes-vous au juste ?
Au départ, le Grey Investment Group est une entreprise familiale. Je détiens la moitié de la société et ma sœur, Tanya, possède les 50 % restants. La société à l'heure actuelle a des actifs aux Îles Samoa, en Nouvelle-Zélande, en Polynésie française.
Aux îles Samoa, nous avons trois hôtels, deux casinos. Nous avons des investissements dans des banques, le gaz, une ligne aérienne (nous avons effectué un joint-venture avec l'État samoan, et la compagnie aérienne Virgin Australia). Nous faisons aussi de l'eau, de la glace, de la sauce piquante et nous sommes également des importateurs d'alcool. Nous sommes propriétaires de compagnies de transport touristique aux îles Samoa,...


Pour lire l'intégralité de cet Entretien, commandez Tahiti Pacifique n° 364 en cliquant ICI


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2018 : sous le signe des Territoriales

Amateurs d’astrologie, plutôt que de vous plonger dans la lecture de votre signe zodiacal pour tenter d'y trouver des signes rassurants pour votre avenir, soyez plutôt à l’écoute de votre environnement social et professionnel, pour tenter d’influencer votre avenir et celui de vos proches quand, après analyse, vous serez appelés à voter le 22 avril prochain lors du premier tour des élections territoriales. Plutôt que d’essayer de vous rassurer par des écrits de liseurs d'étoiles, essayez plutôt de suivre la bonne. Certes, l’échéance est encore loin, mais mieux vaut prendre son temps en politique pour comprendre les tenants et les aboutissants de chaque élection. Il s’agira de donner la gestion du pays au groupe majoritaire à l’assemblée de Polynésie qui élira notre président.
Cette échéance est en tout cas dans les esprits de tous les hommes politiques du territoire qui ont élaboré leur stratégie depuis déjà quelques mois. Chacun est dans son rôle, la majorité souligne le redressement de l’économie, ses bonnes relations avec l’État, ne manque pas d’ouvrir les robinets d’aides et subventions, comme en atteste la lecture des derniers journaux officiels, et annonce vouloir revoir sa stratégie sociale, dont les effets tardent à être ressentis par les plus démunis ; pire, la fracture sociale ne fait que s’agrandir. L’augmentation des cotisations salariales, l’augmentation de l’abonnement téléphonique et des boîtes postales annoncée pour ce début d’année aura un impact négatif sur ceux qui connaissent des fins de mois difficiles.
Un gros trimestre pour créer de l’emploi, pour sortir quelques centaines de Polynésiens de la précarité, paraît bien court pour tenter de redorer cette mauvaise partie du bilan. L’opposition est bien sûr dans son rôle en dénonçant cette précarité, cette misère. Le Tahoeraa mise sur les vieilles recettes et les annonces pleines d’espoir que sont d’offrir un emploi, une maison et de ramener le bonheur dans les familles. Le Tavini n’innove guère plus en proposant de s’appuyer sur les forces économiques de ce pays pour s’en sortir, tout en faisant table rase de certaines pratiques politiciennes.
D’autres partis et candidats auront le temps de se faire connaître, comme vient de le faire Marcel Tuihani, actuel président de l’assemblée territoriale. Il va tenter de convaincre qu’une énième nouvelle voie est possible, surfant sur le ras-le-bol politique national.
Dans exactement 100 jours, les Polynésiens seront amenés à s’exprimer bulletin à la main pour se prononcer sur leur avenir ; notre vœu pour 2018 est qu’ils soient le plus nombreux possible à le faire.
Bonne lecture et merci de votre fidélité.

Luc Ollivier