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Hydrographie : le Pays manque d’autonomie


Samedi 25 Février 2017 - écrit par Sophie Berder


D’après le cluster maritime, une bonne cartographie des fonds marins est indispensable au développement de l’économie bleue. Et, pourtant, la Cellule hydrographique de la Polynésie française (CHPF) se fait très discrète. D’autant plus que son ministère de tutelle, l’équipement, a refusé nos demandes d’interview. On sait d’elle qu’elle fait appel à des sociétés privées ou au service hydrographique et océanographique de la marine (Shom), service de l'État. Mais celui-ci n’est pas vraiment mieux pourvu pour couvrir une zone aussi vaste que l’Europe. Ce qui fait dire au Cluster polynésien que "les moyens ne sont pas mis à la hauteur des enjeux".



Selon le conseiller pour l’action de l’État en mer, le Pays est compétent pour les travaux hydrographiques dans les eaux intérieures,  "pour schématiser", les lagons. L’État est compétent pour les travaux hydrographiques dans les eaux territoriales et la ZEE.
Selon le conseiller pour l’action de l’État en mer, le Pays est compétent pour les travaux hydrographiques dans les eaux intérieures, "pour schématiser", les lagons. L’État est compétent pour les travaux hydrographiques dans les eaux territoriales et la ZEE.
Hauts fonds, dunes sous-marines, épaves, câbles, cages, équipements de fermes perlicoles, il peut y avoir pas mal de choses sous la surface des mers. Tout cela doit être signalé pour la sécurité des usagers de la mer. Que ce soit sur des cartes ou des instructions nautiques auxquelles les capitaines se réfèrent. Pour eux et leurs passagers, une carte à jour et la plus précise possible, c’est vital. Mais une bonne cartographie des fonds marins ce sont aussi des enjeux environnementaux et économiques. Sans oublier les enjeux militaires. L’association d’une cinquantaine de...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT