Depuis le début de la crise du Covid-19, force est de constater que c’est la cacophonie générale,tant sur le plan économique que social ! On pense avant tout à la décision aberrante de la Métropole, à contre-courant de ce que font les autres pays dans le monde, de rouvrir en premier lieu ses écoles à partir du 11 mai, car, selon le président de la République, "trop d’enfants, notamment dans les quartiers populaires, dans nos campagnes, empêchent leurs parents d’aller travailler"… Dans son premier discours officiel, Emmanuel Macron martelait "nous sommes en guerre", mais, aujourd’hui, il veut envoyer nos enfants au front ? Pourtant, selon Jean-Paul Hamon, médecin généraliste et président de la Fédération des médecins de France : "Cette réouverture progressive des crèches, des écoles et des lycées fait courir un risque inutile." Au vu de la difficulté de commander des masques actuellement, on imagine que des drones livreront prochainement dans les établissements scolaires des paquets d’assiettes en carton et des lots d’élastiques, et que des ateliers de fabrication de masques seront proposés à nos bambins durant les cours… Au fenua, les autorités, malgré un allègement du confinement depuis le 29 avril, ont joué la carte de la prudence en décidant d’ouvrir à nouveau les établissements scolaires le 18 mai, mais uniquement sur la base du volontariat des familles, afin de permettre d’assurer une "bonne continuité pédagogique" aux plus nécessiteux. En revanche, les crèches et les garderies sont à nouveau rouvertes, sans qu’ait été prévu un protocole sanitaire bien spécifique qui pourrait rassurer les parents : le flou artistique, on vous dit !
D’ailleurs, si la gestion chaotique au sommet du pouvoir français, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques a révélé un véritable mensonge d’État, on peut également reprocher au Pays un manque de transparence à ce sujet. Avant de réceptionner début avril le matériel médical en provenance de Chine, Édouard Fritch s’est bien gardé de préciser que c’est Wang Cheng, le patron de la "future" ferme aquacole de Hao, qui est notamment à l’origine des 45 000 masques "offerts" à la Polynésie (lire page 10). Quelle est la raison de cette "omission" ? Aussi, on a très peu goûté la rétention d’informations des autorités à propos des tests de dépistage censés arriver par avion. Suspense… Sont-ils dans les soutes avec les autres fournitures médicales ? Eh bien non, on attendra le prochain vol ! En outre, que dire d’autre à propos des résidents polynésiens bloqués en Métropole que le Pays refuse de faire revenir et "abandonne", alors que tous les États dans le monde ont rapatrié leurs ressortissants et que la ministre des Outre-mer a donné son aval (lire pages 14-15), si ce n’est que c’est honteux ?
On n’a pas compris, non plus, la décision du gouvernement d’interdire la vente d’alcool en période de confinement sans prendre le soin de concerter les associations de lutte contre les violences et de prévention de l’alcoologie qui sont sur le terrain. Il voulait la "paix sociale", et pourtant… Violences conjugales et intrafamiliales, vols, agressions diverses et même braquages avec armes à feu, notre petit coin de paradis enregistre une recrudescence des mauvais comportements en tous genres depuis quelques semaines (lire pages 16-17). Quant au choix d’autoriser certaines activités sportives comme la course à pied et d’empêcher d’autres loisirs comme le surf, le paddle, la voile, etc., qui se pratiquent individuellement, donc sans risque de contamination pour les autres, c’est comme avoir deux poids, deux mesures : cela ne tient pas la route. Déroutant également est le recours contre la loi du Pays des syndicats locaux qui ont attaqué le Revenu de solidarité en contestant la condition d’épuisement des congés pour les salariés, au risque de faire s’écrouler tout le dispositif d’aides économiques aux entreprises. Enfin, on regrette qu’il n’y ait pas, par esprit de solidarité justement, de diminution de salaire de la part de nos élus politiques locaux et nationaux, à l’image de certains pays, comme en Nouvelle-Zélande où les ministres ont baissé leur rémunération de 20 %. À l’heure où il faut se serrer les coudes face à une pandémie, les Terriens semblent embarquer sur une "nef des fous" où chacun rame dans un sens opposé. Le comble au pays du va’a ! Il est urgent de regarder à nouveau vers un horizon commun et de réinventer une nouvelle économie, à l’instar celles et ceux que nous avons rencontrés dans notre reportage (lire notre dossier de Une, pages 18 à 24) et qui s’adaptent pour survivre, grâce à des actions collectives et innovantes.
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
D’ailleurs, si la gestion chaotique au sommet du pouvoir français, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques a révélé un véritable mensonge d’État, on peut également reprocher au Pays un manque de transparence à ce sujet. Avant de réceptionner début avril le matériel médical en provenance de Chine, Édouard Fritch s’est bien gardé de préciser que c’est Wang Cheng, le patron de la "future" ferme aquacole de Hao, qui est notamment à l’origine des 45 000 masques "offerts" à la Polynésie (lire page 10). Quelle est la raison de cette "omission" ? Aussi, on a très peu goûté la rétention d’informations des autorités à propos des tests de dépistage censés arriver par avion. Suspense… Sont-ils dans les soutes avec les autres fournitures médicales ? Eh bien non, on attendra le prochain vol ! En outre, que dire d’autre à propos des résidents polynésiens bloqués en Métropole que le Pays refuse de faire revenir et "abandonne", alors que tous les États dans le monde ont rapatrié leurs ressortissants et que la ministre des Outre-mer a donné son aval (lire pages 14-15), si ce n’est que c’est honteux ?
On n’a pas compris, non plus, la décision du gouvernement d’interdire la vente d’alcool en période de confinement sans prendre le soin de concerter les associations de lutte contre les violences et de prévention de l’alcoologie qui sont sur le terrain. Il voulait la "paix sociale", et pourtant… Violences conjugales et intrafamiliales, vols, agressions diverses et même braquages avec armes à feu, notre petit coin de paradis enregistre une recrudescence des mauvais comportements en tous genres depuis quelques semaines (lire pages 16-17). Quant au choix d’autoriser certaines activités sportives comme la course à pied et d’empêcher d’autres loisirs comme le surf, le paddle, la voile, etc., qui se pratiquent individuellement, donc sans risque de contamination pour les autres, c’est comme avoir deux poids, deux mesures : cela ne tient pas la route. Déroutant également est le recours contre la loi du Pays des syndicats locaux qui ont attaqué le Revenu de solidarité en contestant la condition d’épuisement des congés pour les salariés, au risque de faire s’écrouler tout le dispositif d’aides économiques aux entreprises. Enfin, on regrette qu’il n’y ait pas, par esprit de solidarité justement, de diminution de salaire de la part de nos élus politiques locaux et nationaux, à l’image de certains pays, comme en Nouvelle-Zélande où les ministres ont baissé leur rémunération de 20 %. À l’heure où il faut se serrer les coudes face à une pandémie, les Terriens semblent embarquer sur une "nef des fous" où chacun rame dans un sens opposé. Le comble au pays du va’a ! Il est urgent de regarder à nouveau vers un horizon commun et de réinventer une nouvelle économie, à l’instar celles et ceux que nous avons rencontrés dans notre reportage (lire notre dossier de Une, pages 18 à 24) et qui s’adaptent pour survivre, grâce à des actions collectives et innovantes.
Ensemble, faisons bouger les lignes !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Edito






























