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Le ministère de l'équipement réagit à notre édito


Jeudi 19 Septembre 2019 - écrit par Dominique Schmitt


Si le ministère de l'Équipement n'a pas donné suite à nos questions lorsque nous l'avons interrogé, en mai dernier, sur le projet de délocalisation du quai des paquebots, dans le cadre de notre dossier sur l'impact des navires de croisière sur l'environnement (lire Tahiti Pacifique n° 409 du 14 juin 2019), nous sommes heureux de constater qu'il fait partie des lecteurs de notre magazine et que, cette fois, il souhaite réagir à notre éditorial paru le 9 août (lire TPM n° 413). C'est donc avec plaisir que nous publions dans nos colonnes son droit de réponse, mais permettez-nous d'apporter quelques précisions quand elles sont nécessaires.



D'un coût de 152 millions de Fcfp, il est fort dommage que la passerelle Taina, construite à Punaauia, soit à peine empruntée ! Crédit photo : Dominique Schmitt
D'un coût de 152 millions de Fcfp, il est fort dommage que la passerelle Taina, construite à Punaauia, soit à peine empruntée ! Crédit photo : Dominique Schmitt
"Dans l’édition de Tahiti Pacifique Magazine du 9 août 2019, sous le titre « Équipement du Pays : mépris de l’environnement, gabegie et incompétence », M. Dominique Schmitt remet en cause l’utilité de nombreux projets du Pays. Pour ma part, il me semble important de replacer les choses dans leur contexte dans le cadre d’un droit de réponse que vous voudrez bien porter à la connaissance de vos lecteurs.

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Contrairement à ce que sous-entend votre éditorial, le développement durable est bien sûr apprécié dans tous les projets du Pays, plus particulièrement les plus importants qui font toujours l’objet d’une étude d’impact. Réaliser des travaux n’est jamais neutre pour l’environnement, aussi, dans la phase projet des études, il y a obligatoirement des études d’impact qui sont prises en compte, avec parfois des mesures compensatoires pour les cas les plus difficiles. Je le rappelle avec insistance, les chantiers du Pays ne dérogent pas à cette règle.

(Nous voulons bien le croire, mais une enquête visant le Pays pour "terrassement illégal et rejet de matières polluantes" dans le lagon a bien été ouverte par le parquet...)

Pour lire l'intégralité de ce Dossier, commandez Tahiti Pacifique n° 416 en cliquant ICI


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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT