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Loyers impayés : quelles solutions avant l'expulsion ?


Vendredi 8 Septembre 2017 - écrit par Sophie Berder


Des propriétaires excédés face aux mauvais payeurs.



montage : Studio TP / crédit photo : Amélie David
montage : Studio TP / crédit photo : Amélie David
Loyers en souffrance, manques à gagner, locataires devenus indésirables, propriétaires au bord de la crise de nerf… Comment en sortir ? Le point avec des acteurs locaux.

Environ 20 % des locataires ne paient pas leur loyer en temps et en heure", explique Elisabeth de l’agence A. Comme presque toutes les agences immobilières, elle doit faire face aux retards de loyers. "Ils finissent par payer, mais après trois relances en quinze jours. Je fais plus de relances sur les petits loyers", rapporte-t-elle. "Peut-être parce que le loyer ne passe pas en priorité."

Dans une autre agence de Papeete, même son de cloche, les impayés ou retards de loyers grimpent jusqu’à plus de 20 % de la totalité des loyers à percevoir. "La moyenne des impayés mensuels par rapport à la masse globale est de 21,77 %", enregistre cette agence que l’on appellera B. Un loyer impayé, c’est un loyer non réglé dans les délais. "Selon les termes du bail, tout loyer doit être réglé au plus tard le 5 de chaque mois. On laisse un délai supplémentaire avant d’effectuer les relances et les mises en demeure soit au 10 du mois en cours", précise-t-on dans l’agence B. Si le locataire s’obstine, la phase contentieuse commence : avocat, société de recouvrement, tribunal…

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT