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Protégeons le savoir-faire polynésien


Samedi 25 Février 2017 - écrit par Luc Ollivier


La Polynésie française en manque de produits à exporter tout comme en manque de touristes n’a pas encore abattu toutes les cartes qui pourraient l’aider à relancer son économie. Il est des ressources sur lesquelles nos responsables politiques ne se sont pas encore penchés et qui pourtant ont fait leurs preuves dans d’autres pays. La première d’entre elles pourrait bien être le savoir-faire ancestral et la médecine traditionnelle (l’ethnomédecine) des Polynésiens.



Le mono'i traditionnel ne devrait-il pas être la norme, plutôt que le mono'i industriel ? Crédit photo : Fred Payet/GIMT
Le mono'i traditionnel ne devrait-il pas être la norme, plutôt que le mono'i industriel ? Crédit photo : Fred Payet/GIMT
Biopiratage, greenwashing, un néologisme, un anglicisme, qui ne résonnent pas encore à nos oreilles mais qui s’attaquent au savoir-faire, à la culture polynésienne. Pour que chacun comprenne bien de quoi il est question, des définitions s’imposent :
Biopiratage : privation d’un peuple des fruits de son savoir-faire. Des entreprises déposent des brevets sur un patrimoine traditionnel pour son utilisation commerciale exclusive, sans bénéfices pour les détenteurs de ce savoir-faire.
Greenwashing : procédé marketing dont le but est de donner une image écologique, responsable, naturelle, traditionnelle bien que le produit soit, à l’inverse, issu de filières industrielles et de procédés qui ne soient pas naturels.
La culture polynésienne n’est mise en avant aujourd’hui que par ...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT