Le nom commun "Pérou" désigne un trésor ou une fortune. Les différentes vagues de pillage et de christianisation du continent sud-américain ont eu raison des Péruviens. En 1532, le roi péruvien Atahualpa a été fait prisonnier et 20 000 de ses hommes ont été massacrés. Le roi prisonnier a alors fait livrer aux Espagnols une grande quantité d’or en échange de sa libération qu’il n’obtiendra jamais. Il sera garrotté en prison en 1533 et l’or fut ramené en Espagne.
Dans un autre contexte, l’expression "ce n’est pas la Bérézina" fait référence à la déroute de l’armée napoléonienne en 1812, face aux Russes, à Moscou. Napoléon commit une erreur stratégique qui bloqua son armée aux abords d’une rivière infranchissable, nommée la Bérézina. L’armée napoléonienne subit de grosses pertes à cause du froid et de la famine. Cette situation tragique donna l’expression pour qualifier la déroute et une situation catastrophique.
L’expression de ces deux symboles, l’une de non-richesse et l’autre sous-entendant que la situation pourrait être pire encore, est utilisée de nos jours. Selon la formule consacrée "c’est pas le Pérou, mais c’est pas la Bérézina non plus !"
Le Pérou a une importante façade maritime donnant sur l’océan Pacifique (2414 km). Il est bordé par cinq pays, du nord au sud : Équateur, Colombie, Brésil, Bolivie et Chili et compte 28 millions d’habitants. C’est également un pays de légendes grâce au lac Titicaca et aux dessins de Nazca. Quand on évoque le Pérou, on pense aussi malheureusement aux enfants-soldats du Sentier lumineux et à la production de cocaïne. Mais c’est aussi un pays en voie de développement qui a une croissance de 4,2 % pour 2017 grâce au tourisme, à l’agriculture, aux mines et à la pêche.
Le lac Titicaca alimente deux légendes : les pumas de pierre et le trésor au fond du lac.
La première légende raconte que les hommes vivaient heureux dans une vallée fertile. Rien ne leur était interdit, sauf de monter dans la montagne. Conseillés par un esprit diabolique, les hommes de la vallée partirent chercher le feu sacré en haut de la montagne, mais le dieu de la montagne, nommé Apus, les surprit. Il fit sortir les pumas du fond des cavernes et ceux-ci dévorèrent toute la population. Le dieu du Soleil, Inti, qu’ils vénéraient, à la vue de ce désastre, pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans s’arrêter, donnant naissance au lac Titicaca. Un couple survécut et raconta avoir vu, de sa barque, les pumas se transformer en pier res, d’où le nom de "el Lago de los pumas de piedra". De nos jours, ces pumas de pierre sont représentés sur la proue des bateaux en roseaux.
La légende du trésor du lac Titicaca, quant à elle, remonte au XVe siècle. Quand Francisco Pizarro captura le roi Atahualpa, il promit sa libération contre beaucoup d’or. Le roi donna l’ordre que la rançon soit acheminée des quatre coins de son empire et l’or afflua. Sur le lac Titicaca, des barques convoyèrent des kilos d’or et d’argent entre les rives est et ouest. Quand ces incas mariniers apprirent l’exécution de leur roi, ils jetèrent alors tout le trésor au fond du lac.
Tony Founs, explorateur, s’interroge au sujet des lignes de Nazca. Pourquoi dessiner 350 figures de plusieurs centaines de kilomètres carrés dans le désert ? Ces lignes, visibles uniquement du ciel, ne servaient certainement pas qu’à une chose pour la tribu des Nazca. De la même façon que les lignes au sol d’un gymnase permettent l’organisation de plusieurs sports sur le même terrain. Les géoglyphes Nazca avaient certainement leurs justifications. Mais de nos jours, elles demeurent toujours un mystère ! Et Tony Founs s’interroge :un art précolombien fait par des artistes visionnaires ?
Un calendrier astronomique ?
Des pistes d’atterrissage pour ovni ?
Un calendrier agricole et piscicole ?
Un moyen de communiquer avec des divinités ou des extraterrestres ?
Des chemins rituels pour des processions cérémonielles ?
Ou une cartographie géante des puits et sources souterraines au milieu du désert ?
La question reste posée.
Dans une histoire humaine un peu plus contemporaine, le Pérou a aussi défrayé la chronique avec le Sentier lumineux qui sévit encore de nos jours dans les endroits les plus reculés. C’est surtout dans les années 1980 que ce groupe maoïste a semé la terreur partout dans le pays, provoquant la mort de 70 000 personnes (source AFP). Aujourd’hui, vingt-cinq ans après l’arrestation de leur leader Abimael Guzman, il existe encore quelques groupes de l’organisation qui maintiennent la population en esclavage pour le trafic de la cocaïne.
Ainsi, des enfants naissent en captivité. Les femmes sont mises enceintes pour que les enfants grossissent les rangs de la guérilla. Ces enfants s’occupent d’abord des plantations de coca et, dès qu’ils arrivent à l’âge de 12 à 14 ans, ils intègrent les forces opérationnelles du Sentier lumineux. Leur nombre n’est pas connu, mais ils sont retranchés principalement dans deux zones du Pérou, Haut-Huallaga et Vraem, très difficiles d’accès.
Le Pérou est l’un des plus grands producteurs de cocaïne au monde. Mais Les temps changent. Dans l'hebdomadaire Courrier International, sous la plume d’Oscar Miranda, on nous explique que dans la vallée d'Apurimac, grosse productrice de pâte de cocaïne, les plants de coca cèdent peu à peu du terrain au cacao bio, plus rentable.
À la ferme de Moisés Figueroa, l’un des grands cacaoteros du Canayre, on produit 1,2 tonne de fèves de cacao par hectare, contre 600 kg en moyenne à cette période. Il faut dire que, dans les autres exploitations, les fermiers utilisent une variété génétiquement modifiée de cacao : le CCN51. Avec une production d’une tonne par hectare, le cacao bio est plus rentable que la coca. Moisés a obtenu le label bio car son exploitation est gérée d’une façon naturelle, sans pesticides.
Ainsi, la coopérative locale EI Quinacho a obtenu trois labels : bio, commerce équitable et agriculture responsable. Une fois par an, les représentants de chaque label viennent à Canayre et dans d’autres villages pour visiter les champs de cacao afin de s’assurer que le cahier des charges est bien respecté et tout se passe dans le meilleur des mondes. On se met à espérer, au Fenua, pour nos petits producteurs de pakalolo ! Quand on considère le prix du kilo de la salade bio, souvent importée, cultiver bio rapporterait bien plus que le pakalolo en Polynésie. Une idée à mûrir…
Le Pérou est donc un pays avec une bonne croissance, au niveau de son agriculture. Nous l’avons vu pour son cacao bio, mais on y cultive aussi le café, le riz, le blé, le maïs, l’orge, la canne à sucre, le coton… L’agriculture contribue à hauteur de 7,8 % du PIB et emploie plus de 25 % de la population active. Mais l’économie péruvienne est à l’image de sa géographie variée et ses régions montagneuses fournissent d’abondantes ressources minières, exploitées principalement par des multinationales canadiennes et américaines, avec les problèmes liés à ce type d’exploitations.
On y exploite le cuivre, les pierres précieuses, l’or, l’argent… Ces dernières années, les exploitations minières ont été multipliées par huit, ce qui pose un problème environnemental et de pollution. Le Pérou fait partie des trois pays "sous le vent" avec ses voisins Équateur et Colombie. En effet, les conditions climatologiques combinées aux courants marins ramènent d’une façon sûre, sur les côtes, une pollution diluée. Une opportunité de plus, pour l’un de nos leaders politiques, de demander une compensation rémunératrice, après l’affaire des satellites qui survolent la Polynésie !
Quant aux ressources halieutiques, grâce à sa zone maritime très étendue, le Pérou possède d’importantes réserves de pêche, parfois difficiles à gérer. Les navires de pêches étrangers flirtent avec les eaux territoriales péruviennes, ce qui est source de conflits dans un océan qui se meurt et s’appauvrit au quotidien.
Depuis dix ans, le Pérou a bénéficié d’une croissance moyenne annuelle de 6 %. Membre de l’OMC, le pays est très ouvert au commerce international qui représente 45 % du PIB (Banque mondiale). La politique et la stratégie du Pérou consistent à multiplier un maximum d’accords de libre-échange, y compris avec l’Union européenne. Il est également présent à la coopération économique pour l’Asie-Pacifique et pour le commerce entre les pays d’Amérique latine. Le Pérou couvre actuellement 95 % de ses exportations avec un excédent commercial de 1,73 milliard de dollars US. C’est presque le Pérou !
Dans un autre contexte, l’expression "ce n’est pas la Bérézina" fait référence à la déroute de l’armée napoléonienne en 1812, face aux Russes, à Moscou. Napoléon commit une erreur stratégique qui bloqua son armée aux abords d’une rivière infranchissable, nommée la Bérézina. L’armée napoléonienne subit de grosses pertes à cause du froid et de la famine. Cette situation tragique donna l’expression pour qualifier la déroute et une situation catastrophique.
L’expression de ces deux symboles, l’une de non-richesse et l’autre sous-entendant que la situation pourrait être pire encore, est utilisée de nos jours. Selon la formule consacrée "c’est pas le Pérou, mais c’est pas la Bérézina non plus !"
Le Pérou a une importante façade maritime donnant sur l’océan Pacifique (2414 km). Il est bordé par cinq pays, du nord au sud : Équateur, Colombie, Brésil, Bolivie et Chili et compte 28 millions d’habitants. C’est également un pays de légendes grâce au lac Titicaca et aux dessins de Nazca. Quand on évoque le Pérou, on pense aussi malheureusement aux enfants-soldats du Sentier lumineux et à la production de cocaïne. Mais c’est aussi un pays en voie de développement qui a une croissance de 4,2 % pour 2017 grâce au tourisme, à l’agriculture, aux mines et à la pêche.
Le lac Titicaca alimente deux légendes : les pumas de pierre et le trésor au fond du lac.
La première légende raconte que les hommes vivaient heureux dans une vallée fertile. Rien ne leur était interdit, sauf de monter dans la montagne. Conseillés par un esprit diabolique, les hommes de la vallée partirent chercher le feu sacré en haut de la montagne, mais le dieu de la montagne, nommé Apus, les surprit. Il fit sortir les pumas du fond des cavernes et ceux-ci dévorèrent toute la population. Le dieu du Soleil, Inti, qu’ils vénéraient, à la vue de ce désastre, pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans s’arrêter, donnant naissance au lac Titicaca. Un couple survécut et raconta avoir vu, de sa barque, les pumas se transformer en pier res, d’où le nom de "el Lago de los pumas de piedra". De nos jours, ces pumas de pierre sont représentés sur la proue des bateaux en roseaux.
La légende du trésor du lac Titicaca, quant à elle, remonte au XVe siècle. Quand Francisco Pizarro captura le roi Atahualpa, il promit sa libération contre beaucoup d’or. Le roi donna l’ordre que la rançon soit acheminée des quatre coins de son empire et l’or afflua. Sur le lac Titicaca, des barques convoyèrent des kilos d’or et d’argent entre les rives est et ouest. Quand ces incas mariniers apprirent l’exécution de leur roi, ils jetèrent alors tout le trésor au fond du lac.
Tony Founs, explorateur, s’interroge au sujet des lignes de Nazca. Pourquoi dessiner 350 figures de plusieurs centaines de kilomètres carrés dans le désert ? Ces lignes, visibles uniquement du ciel, ne servaient certainement pas qu’à une chose pour la tribu des Nazca. De la même façon que les lignes au sol d’un gymnase permettent l’organisation de plusieurs sports sur le même terrain. Les géoglyphes Nazca avaient certainement leurs justifications. Mais de nos jours, elles demeurent toujours un mystère ! Et Tony Founs s’interroge :un art précolombien fait par des artistes visionnaires ?
Un calendrier astronomique ?
Des pistes d’atterrissage pour ovni ?
Un calendrier agricole et piscicole ?
Un moyen de communiquer avec des divinités ou des extraterrestres ?
Des chemins rituels pour des processions cérémonielles ?
Ou une cartographie géante des puits et sources souterraines au milieu du désert ?
La question reste posée.
Dans une histoire humaine un peu plus contemporaine, le Pérou a aussi défrayé la chronique avec le Sentier lumineux qui sévit encore de nos jours dans les endroits les plus reculés. C’est surtout dans les années 1980 que ce groupe maoïste a semé la terreur partout dans le pays, provoquant la mort de 70 000 personnes (source AFP). Aujourd’hui, vingt-cinq ans après l’arrestation de leur leader Abimael Guzman, il existe encore quelques groupes de l’organisation qui maintiennent la population en esclavage pour le trafic de la cocaïne.
Ainsi, des enfants naissent en captivité. Les femmes sont mises enceintes pour que les enfants grossissent les rangs de la guérilla. Ces enfants s’occupent d’abord des plantations de coca et, dès qu’ils arrivent à l’âge de 12 à 14 ans, ils intègrent les forces opérationnelles du Sentier lumineux. Leur nombre n’est pas connu, mais ils sont retranchés principalement dans deux zones du Pérou, Haut-Huallaga et Vraem, très difficiles d’accès.
Le Pérou est l’un des plus grands producteurs de cocaïne au monde. Mais Les temps changent. Dans l'hebdomadaire Courrier International, sous la plume d’Oscar Miranda, on nous explique que dans la vallée d'Apurimac, grosse productrice de pâte de cocaïne, les plants de coca cèdent peu à peu du terrain au cacao bio, plus rentable.
À la ferme de Moisés Figueroa, l’un des grands cacaoteros du Canayre, on produit 1,2 tonne de fèves de cacao par hectare, contre 600 kg en moyenne à cette période. Il faut dire que, dans les autres exploitations, les fermiers utilisent une variété génétiquement modifiée de cacao : le CCN51. Avec une production d’une tonne par hectare, le cacao bio est plus rentable que la coca. Moisés a obtenu le label bio car son exploitation est gérée d’une façon naturelle, sans pesticides.
Ainsi, la coopérative locale EI Quinacho a obtenu trois labels : bio, commerce équitable et agriculture responsable. Une fois par an, les représentants de chaque label viennent à Canayre et dans d’autres villages pour visiter les champs de cacao afin de s’assurer que le cahier des charges est bien respecté et tout se passe dans le meilleur des mondes. On se met à espérer, au Fenua, pour nos petits producteurs de pakalolo ! Quand on considère le prix du kilo de la salade bio, souvent importée, cultiver bio rapporterait bien plus que le pakalolo en Polynésie. Une idée à mûrir…
Le Pérou est donc un pays avec une bonne croissance, au niveau de son agriculture. Nous l’avons vu pour son cacao bio, mais on y cultive aussi le café, le riz, le blé, le maïs, l’orge, la canne à sucre, le coton… L’agriculture contribue à hauteur de 7,8 % du PIB et emploie plus de 25 % de la population active. Mais l’économie péruvienne est à l’image de sa géographie variée et ses régions montagneuses fournissent d’abondantes ressources minières, exploitées principalement par des multinationales canadiennes et américaines, avec les problèmes liés à ce type d’exploitations.
On y exploite le cuivre, les pierres précieuses, l’or, l’argent… Ces dernières années, les exploitations minières ont été multipliées par huit, ce qui pose un problème environnemental et de pollution. Le Pérou fait partie des trois pays "sous le vent" avec ses voisins Équateur et Colombie. En effet, les conditions climatologiques combinées aux courants marins ramènent d’une façon sûre, sur les côtes, une pollution diluée. Une opportunité de plus, pour l’un de nos leaders politiques, de demander une compensation rémunératrice, après l’affaire des satellites qui survolent la Polynésie !
Quant aux ressources halieutiques, grâce à sa zone maritime très étendue, le Pérou possède d’importantes réserves de pêche, parfois difficiles à gérer. Les navires de pêches étrangers flirtent avec les eaux territoriales péruviennes, ce qui est source de conflits dans un océan qui se meurt et s’appauvrit au quotidien.
Depuis dix ans, le Pérou a bénéficié d’une croissance moyenne annuelle de 6 %. Membre de l’OMC, le pays est très ouvert au commerce international qui représente 45 % du PIB (Banque mondiale). La politique et la stratégie du Pérou consistent à multiplier un maximum d’accords de libre-échange, y compris avec l’Union européenne. Il est également présent à la coopération économique pour l’Asie-Pacifique et pour le commerce entre les pays d’Amérique latine. Le Pérou couvre actuellement 95 % de ses exportations avec un excédent commercial de 1,73 milliard de dollars US. C’est presque le Pérou !

Edito








