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À propos des Évasan inter-îles aux Marquises…


Vendredi 27 Décembre 2019 - écrit par Philippe Marrasse




Crédit photos : DR
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"C’est très certainement avec une énorme satisfaction et un grand bonheur que les Marquisiens ont appris l’inscription au budget du Pays, après un accord obtenu à l’unanimité à l’assemblée territoriale, du financement de deux hélicoptères dédiés aux évasan pour les Marquises. Il ne reste donc qu’à concrétiser au plus tôt ce déploiement en 2020.
Lors de leur passage aux Marquises fin octobre dernier, Monsieur le haut-commissaire et Monsieur le président du Pays avaient pourtant simplement annoncé le financement par l’État et le Pays de la construction d’une vedette de sauvetage en mer qui assurerait également des évacuations sanitaires. (Sauvetage en mer = État ; évasan = Pays). L’hélicoptère, également évoqué, n’en était alors qu’au stade de projet.

On pouvait alors s’étonner, s’interroger, puis fortement douter de ce qui démontrait l’impératif besoin du déploiement d’une vedette spécialisée pour le sauvetage en mer sur les Marquises, à Hiva Oa. Dangerosité des abords de l’archipel marquisien ? Fréquentation observée de la zone ? Statistiques sur un grand nombre d’années démontrant ce besoin ? Statistiques d’ailleurs très certainement détenues très précisément par le Maritime rescue coordination center (MRCC, "centre de coordination et de sauvetage"). Très curieux que la zone marquisienne réponde favorablement à de si simples critères. Est-il donc si dangereux de naviguer aux Marquises (approche de la côte, météo généralement rencontrée, etc.) ? La mer n’est-elle pas qualifiée de "vide" en Polynésie, et particulièrement aux Marquises ? Les moyens nautiques existants sur zone pouvant agir dans le cadre de la Fédération polynésienne de sauvetage en mer (FEPSM) ne suffisent-ils donc pas selon les statistiques précitées ? Mais qu’a-t-on voulu faire croire ? Qui est à l’origine de telles idées ? Dans le cas où on insisterait dans cette voie pour le sauvetage en mer sur l’archipel marquisien, l’État devra préparer son carnet de chèques ! En effet, bien d’autres archipels ou îles n’auront alors aucun mal à démontrer que leur zone est autrement plus dangereuse que les Marquises (abords plus risqués, météo parfois bien plus dégradée, fréquentation plus importante, etc.) Il n’y aura alors aucun argument pour leur refuser un moyen identique.

D’autres interrogations concernant la compétence et l’expérience maritime des personnels devant armer ce canot paraissent s’imposer. En règles générales, dans ce cadre, lorsqu’un réel besoin est défini on peut alors cibler le moyen adapté à la zone. (Un canot de 2e classe pour les Marquises laissera pantois les membres de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) en Métropole s’ils en étudient la zone ! Eux qui cherchent sans cesse et avec difficulté des financements pour de réelles nécessités !) Lorsque le moyen est choisi, on peut alors cibler les qualifications, la compétence et l’expérience nécessaires des futurs membres d’équipage pour armer l’unité choisie. Cette démarche préalable ne paraît pas avoir été adoptée. Les opérations de sauvetage sont parfois des opérations délicates et dangereuses, qui demandent des réactions et des décisions rapides et saines pour ne pas mettre en danger les acteurs ; seule une réelle compétence et une expérience maritime bien concrète permettent les choix adéquats dans l’action...

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En 2020, on fait et on refait l’histoire !

En 2020, on fait et on refait l’histoire !
Qui dit nouvelle année, dit généralement nouvelles résolutions, c’est pourquoi nous avons le plaisir de vous annoncer, chers lecteurs et abonnés de Tahiti Pacifique, le lancement de la rubrique “Pages d’Histoire”, un nouveau rendez-vous mensuel dans votre magazine, en alternance avec “L’encrier de Tahiti”, une fenêtre littéraire qui sera ouverte dès le mois de février par Daniel Margueron, ancien enseignant en lettres et écrivain spécialisé en littérature francophone en Polynésie. “Pages d’Histoire” sera réalisée par Jean-Marc Regnault, agrégé et docteur en histoire, mais aussi chercheur associé au laboratoire “Gouvernance et développement insulaire” de l’Université de la Polynésie française. Après avoir publié une centaine d’articles et une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’Océanie, il rédigera dans nos colonnes des sujets sur les figures emblématiques et les périodes phares qui ont fait l’Histoire du fenua après 1940. Cette série historique démarre avec un coup de projecteur sur le Conseil privé du gouverneur, qui était en réalité une aberration démocratique. D’autres articles suivront : "Les crises politiques de l’année 1952 (quand Tahiti riait, l’Assemblée représentative faisait grise mine)" ; "La signature de Gaston Flosse au nom de la France du Traité de Rarotonga sur la dénucléarisation du Pacifique Sud" ; "La décision de la France de construire l’aéroport de Faa’a (pour préparer le CEP ?)" ;
"La censure de JPK en 1988", etc. Autant de thèmes contemporains et sensibles, qui alimentent encore aujourd’hui la polémique et seront passés à la loupe de notre expert pour mieux comprendre l’actualité et l’appréhender.

Et puisque l’on parle de faire et refaire l’Histoire, 2020 sera une année riche en événements, pour ne pas dire atomique ! “Jamais, le sujet de la politique de dissuasion nucléaire, et des systèmes d’armes qui sont mises en œuvres dans ce cadre, ne sera autant présent dans l’actualité nationale, internationale et dans les enceintes internationales, notamment en raison d’anniversaires”, estime ainsi Jean-Marie Collin, le porte-parole et expert de la branche française d’ICAN (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires) et chercheur associé auprès du think tank belge le GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité). En effet, le 13 février 2020, la France “célébrera” le 60e anniversaire de son premier essai nucléaire ; du 27 avril au 22 mai, la 10e conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire verra, sans grand suspense, une absence de consensus sur comment parvenir à mettre en œuvre l’article 6 (désarmement) de ce traité entraînant sa probable (malheureusement) perte de crédibilité ; les 6 et
9 août, Hiroshima et Nagasaki vont commémorer le 75e anniversaire de leur destruction par des armes nucléaires. En outre, l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires est enfin envisagée en 2020.

Par ailleurs, sans nul doute, le discours de mi-mandat d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire, avec semble-t-il une tonalité très européenne, sera un moment-clé de l’évolution de la politique de la France. Localement, le Tavini Huiraatira, par la voix de Moetai Brotherson, n’a pas hésité à interpeller le président Macron sur la dépollution du site de Moruroa, dont le souhait exprimé dans un récent courrier est resté sans réponse. “Je lui porterai cette fois la lettre en main propre. Et lorsqu’il viendra chercher ses tiki et ses tīfaifai, ce serait bien qu’il en profite pour repartir avec ses deux avions remplis des déchets radioactifs”, a ironisé le député, à l’occasion d’une conférence de presse dénonçant la présence de tonnes de plutonium “dans le ventre de notre mère nourricière” après trente ans d’essais nucléaires. Oscar Temaru, le leader du parti indépendantiste, a ainsi fait un parallèle entre les fumées toxiques qui survolent notre région, suite aux incendies en Australie, avec les 46 tirs atmosphériques menés à Moruroa et Fangataufa, qui sont, selon lui, “la preuve concrète que la puissance des vents a pu transporter très loin les nuages radioactifs”. La visite express de M. Macron en Polynésie du 16 au 18 avril devrait donner le “la” à la musique qui va se jouer dans les années à venir. Bien sûr, les municipales en mars prochain pourraient apporter, elles aussi, leur lot de rebondissements et écrire de nouvelles pages de petites histoires qui font la grande.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt