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Fifo 2020 : plus qu’une histoire d’îles, des histoires d’hommes


Vendredi 24 Janvier 2020 - écrit par Ariitaimai Amary


Le Festival international du film documentaire océanien (Fifo) hisse la grand-voile pour sa 17e édition et embarque ses festivaliers à la découverte de l’Océanie du 1er au 9 février prochain, à la Maison de la culture. L’occasion pour les aficionados et pour les curieux de venir à la rencontre des peuples du "Grand océan" et de leurs réalités, à travers des productions audiovisuelles. Authenticité, tradition et émotion attendent le public toujours plus nombreux à venir prendre part à l’aventure.



Crédit photo : DR
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Le Fifo est un rendez-vous sans commune mesure dans le Pacifique Sud, puisqu’il offre aux réalisateurs un espace pour exprimer leurs réflexions et pour présenter leurs cultures ; et aux adeptes, l’opportunité de s’imprégner des œuvres proposées. Cette 17e édition annonce déjà un événement d’une envergure notoire, réelle confirmation de l’ampleur prise par le festival depuis 2004. Cette année, 177 films ont été présentés au comité de présélection, qui n’en a retenu que 62. S’il fallait comparer les participations, à celles de l’année précédente, ce sont donc sept films en plus qui ont été soumis pour la première étape de la sélection. Ainsi, treize  films sont en compétition pour être départagés par le jury international, dix films en "court métrage documentaire" et douze  courts métrages de fiction. Par ailleurs, deux autres catégories seront mises en concurrence pour le vote du public, parmi lesquelles les films hors compétition qui comptent seize candidats, et ceux de la catégorie "Écrans océaniens" (onze productions).
Six œuvres du fenua seront présentées, mais les 55 autres nous viennent des quatre coins du Pacifique, notamment d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de l’Île de Pâques et de Hawaii. Quand certaines prennent racines aux Samoa, ou encore en Papouasie-Nouvelle-Guinée, d’autres donnent à voir les influences des territoires océaniens sur des pays tels que le Japon, par exemple...

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT