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Forum sur le climat à Tuvalu : l'Australie a édulcoré l'appel des îles du Pacifique


Vendredi 23 Août 2019 - écrit par Agence France-Presse




Les dirigeants du Pacifique réunis en sommet dans l'archipel des Tuvalu ont mis en garde, la semaine dernière, le monde sur la menace climatique, mais leur message a été largement édulcoré par l'activisme du très climato-sceptique gouvernement australien. Le sommet annuel du Forum des îles du Pacifique (FIP) s'est achevé le 15 août dernier sur de profonds désaccords entre Canberra et les 17 autres membres de l'organisation sur la question climatique. De nombreuses îles d'Océanie sont confrontées à une "menace existentielle" du fait de l'élévation du niveau des océans, et leurs dirigeants se sont écharpés avec Canberra en raison de la passivité de l'Australie, un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre per capita. La plupart des leaders du FIP espéraient lancer au monde un appel à l'action ambitieux et unitaire à un mois de l'Assemblée générale des Nations unies, pour refléter l'urgence de la situation dans le Pacifique.
Toutefois, le Premier ministre des Tuvalu, Enele Sopoaga, a concédé que la déclaration et le communiqué finalement diffusés vendredi matin après 12 heures de tractations tendues n'était pas à la hauteur des ambitions. "Nous pouvons dire que nous aurions dû en faire plus pour nos populations", a-t-il concédé devant la presse.
Le communiqué du Forum évoque la crise climatique et réitère des mises en garde désignant le réchauffement climatique comme étant la plus grave menace pour le Pacifique. "Il est maintenant temps d'agir", disent les dirigeants. Mais aucune mention n'est faite de l'abandon du charbon comme source d'énergie. Les appels à limiter la hausse des températures à 1,5 °C et à neutraliser les émissions de carbone à l'horizon 2050 ne sont mentionnés que comme des suggestions, et non comme des exigences. "Nous sommes venus ensemble dans une Nation qui risque d'être engloutie par les océans, mais malheureusement, nous avons choisi le statu quo dans notre communiqué", a déploré dans un tweet le Premier ministre des Fidji Frank Bainimarama. "Le fait de noyer le discours sur le climat a des conséquences réelles, comme des maisons, des écoles, des villages et des cimetières traditionnels noyés sous les eaux."
Membre le plus riche du FIP, l'Australie redoute que l'objectif à long terme de la Chine soit de créer une base militaire dans le Pacifique. Mais le Premier ministre des Samoa, Tuilaepa Malielegaoi, a affirmé que les grandes questions géopolitiques n'avaient pas d'importance pour les îles du Pacifique et a laissé entendre que toute aide était la bienvenue, y compris celle de la Chine. "Leurs ennemis (à l'Australie et ses alliés, ndlr) ne sont pas nos ennemis", a-t-il dit à la chaîne néo-zélandaise TVNZ.

Source : Agence France-Presse

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En 2020, on fait et on refait l’histoire !

En 2020, on fait et on refait l’histoire !
Qui dit nouvelle année, dit généralement nouvelles résolutions, c’est pourquoi nous avons le plaisir de vous annoncer, chers lecteurs et abonnés de Tahiti Pacifique, le lancement de la rubrique “Pages d’Histoire”, un nouveau rendez-vous mensuel dans votre magazine, en alternance avec “L’encrier de Tahiti”, une fenêtre littéraire qui sera ouverte dès le mois de février par Daniel Margueron, ancien enseignant en lettres et écrivain spécialisé en littérature francophone en Polynésie. “Pages d’Histoire” sera réalisée par Jean-Marc Regnault, agrégé et docteur en histoire, mais aussi chercheur associé au laboratoire “Gouvernance et développement insulaire” de l’Université de la Polynésie française. Après avoir publié une centaine d’articles et une vingtaine d’ouvrages consacrés à l’Océanie, il rédigera dans nos colonnes des sujets sur les figures emblématiques et les périodes phares qui ont fait l’Histoire du fenua après 1940. Cette série historique démarre avec un coup de projecteur sur le Conseil privé du gouverneur, qui était en réalité une aberration démocratique. D’autres articles suivront : "Les crises politiques de l’année 1952 (quand Tahiti riait, l’Assemblée représentative faisait grise mine)" ; "La signature de Gaston Flosse au nom de la France du Traité de Rarotonga sur la dénucléarisation du Pacifique Sud" ; "La décision de la France de construire l’aéroport de Faa’a (pour préparer le CEP ?)" ;
"La censure de JPK en 1988", etc. Autant de thèmes contemporains et sensibles, qui alimentent encore aujourd’hui la polémique et seront passés à la loupe de notre expert pour mieux comprendre l’actualité et l’appréhender.

Et puisque l’on parle de faire et refaire l’Histoire, 2020 sera une année riche en événements, pour ne pas dire atomique ! “Jamais, le sujet de la politique de dissuasion nucléaire, et des systèmes d’armes qui sont mises en œuvres dans ce cadre, ne sera autant présent dans l’actualité nationale, internationale et dans les enceintes internationales, notamment en raison d’anniversaires”, estime ainsi Jean-Marie Collin, le porte-parole et expert de la branche française d’ICAN (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires) et chercheur associé auprès du think tank belge le GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité). En effet, le 13 février 2020, la France “célébrera” le 60e anniversaire de son premier essai nucléaire ; du 27 avril au 22 mai, la 10e conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire verra, sans grand suspense, une absence de consensus sur comment parvenir à mettre en œuvre l’article 6 (désarmement) de ce traité entraînant sa probable (malheureusement) perte de crédibilité ; les 6 et
9 août, Hiroshima et Nagasaki vont commémorer le 75e anniversaire de leur destruction par des armes nucléaires. En outre, l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires est enfin envisagée en 2020.

Par ailleurs, sans nul doute, le discours de mi-mandat d’Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire, avec semble-t-il une tonalité très européenne, sera un moment-clé de l’évolution de la politique de la France. Localement, le Tavini Huiraatira, par la voix de Moetai Brotherson, n’a pas hésité à interpeller le président Macron sur la dépollution du site de Moruroa, dont le souhait exprimé dans un récent courrier est resté sans réponse. “Je lui porterai cette fois la lettre en main propre. Et lorsqu’il viendra chercher ses tiki et ses tīfaifai, ce serait bien qu’il en profite pour repartir avec ses deux avions remplis des déchets radioactifs”, a ironisé le député, à l’occasion d’une conférence de presse dénonçant la présence de tonnes de plutonium “dans le ventre de notre mère nourricière” après trente ans d’essais nucléaires. Oscar Temaru, le leader du parti indépendantiste, a ainsi fait un parallèle entre les fumées toxiques qui survolent notre région, suite aux incendies en Australie, avec les 46 tirs atmosphériques menés à Moruroa et Fangataufa, qui sont, selon lui, “la preuve concrète que la puissance des vents a pu transporter très loin les nuages radioactifs”. La visite express de M. Macron en Polynésie du 16 au 18 avril devrait donner le “la” à la musique qui va se jouer dans les années à venir. Bien sûr, les municipales en mars prochain pourraient apporter, elles aussi, leur lot de rebondissements et écrire de nouvelles pages de petites histoires qui font la grande.

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt