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HTJ ou le grand détournement


Vendredi 29 Novembre 2019 - écrit par Vaea Deplat


Deux années se sont écoulées depuis notre précédent portrait sur le prolifique Hell Ton John, dit HTJ. L’artiste n’est, en effet, pas du genre à s’étendre ni à prendre des pincettes. Concis, concret et fonceur, mêlant tribal et pop art avec une efficacité redoutable, HTJ dévoile en solo de nouvelles créations à la galerie Winkler, jusqu’au 10 décembre prochain, tout juste après avoir bouclé l’exposition collective "Chimères".



Crédit photo : HTJ
Crédit photo : HTJ
En une dizaine d’années, HTJ a inscrit son style shapé et affûté au cœur de la création locale et n’est désormais plus à présenter. Le fil conducteur de son travail artistique reste son approche contemporaine de la culture traditionnelle repris à son compte. Tiki, tatouage, unu ("bois sculpté placé dans le marae pour commémorer les morts, chefs ou guerriers"), tout est détourné. Mais pour la bonne cause. Il s’agit pour lui de requestionner l’art avec un regard contemporain. Reprendre des objets anciens avec des techniques modernes.

Confortablement installé dans le paysage artistique du fenua, il a récemment répondu à des sollicitations partenariales avec la Brasserie de Tahiti et le Taha’a Island Resort and Spa, deux grosses entreprises. Avec cette nouvelle exposition, HTJ prouve qu’il conserve plus que jamais son identité et sa griffe, sans se laisser happer par l’attrait commercial. Le public pourra découvrir une trentaine d’œuvres – dont une dizaine de peintures, des sculptures et des art goodies – sur lesquelles il a travaillé pendant six mois.

Lui qui a fait une opération "soldes" sur ces pièces invendues il y a quelques années ne manque pas d’humour et de recul sur son travail. Portrait d’un artiste tout terrain, à découvrir de toute urgence jusqu’au 10 décembre à l’incontournable galerie Winkler...


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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT