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Lectures marquisiennes à l’ombre d’un banian


Vendredi 4 Septembre 2020 - écrit par Daniel Margueron


Les îles Marquises vous branchent-elles ? Parmi l’imposante bibliothèque consacrée à cet archipel éloigné de Tahiti, quels sont les livres à lire
actuellement disponibles en librairie ? Et quels seraient ceux à rééditer ? Nous allons faire un rapide tour d’horizon de quelques titres – sans prétention à l’exhaustivité – accompagnés d’une courte présentation.
En attendant le prochain Festival des Arts des Marquises (Matavaa o te henua Enana), coincez-vous sur votre taupe’e (véranda), ou mieux, prenez l’avion ou le cargo l’Aranui, rendez-vous sur place, étalez votre pāreu sur un pa’epa’e (plateforme), et ouvrez les livres à l’ombre bienfaitrice d’un aoa (banian). Les lieux et les livres devraient vous inspirer, et votre vie intérieure assurément changer !



Langue et mythes

Il faut d’abord vous munir d’un dictionnaire. La centenaire Société des études océaniennes (SEO) a réédité pour vous, en 1999, le Dictionnaire de la langue des îles Marquises de Mgr Dordillon datant de 1904, l’outil indispensable pour comprendre les termes marquisiens égrenés dans les pages des livres (BP 110, Papeete, vallée de Tipaerui). Et si l’envie de parler vous prend – car comment résider aux Marquises sans s’essayer à communiquer ? – ouvrez le très utile Parlons Marquisien, du docteur en anthropologie sociale et culturelle, originaire de l’île de Tahuata, Edgar Tetahiotupa (L’Harmattan, 2009). Il accompagne son dictionnaire de considérations fructueuses sur la langue et la grammaire. Ah, je vois, vous êtes intrigué(e) par les tatouages arborés fièrement par la population des Enana ? Les livres sont nombreux depuis ceux de Karl von den Steinen (fin XIXe siècle), réédités par les maisons Haere Pō et Au Vent des îles, à présenter cet art unique. Mais ouvrez de suite, et plongez-vous dans l’incontournable ouvrage, en deux volumes actuellement, de Teiki Huukena, intitulé te Patutiki, dictionnaire du tatouage polynésien des îles Marquises (Tiki éditions, 2011) pour comprendre le sens, la portée et la symbolique des motifs incrustés dans la peau. En plus, en matière d’art traditionnel, l’imposant catalogue (317 pages !) de l’exposition Matahoata du musée du Quai Branly (Actes Sud, 2016) offre une présentation très complète des arts et de la société des îles Marquises.
Avant l’histoire moderne, on navigue dans les mythes...

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Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT