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Les noix de coco ne tombent que sur les imbéciles, de Maeva Takin


Jeudi 17 Octobre 2019 - écrit par Ariitaimai Amary


C'est sous couvert de l'anonymat que "Maeva Takin" a autopublié Les Noix de coco ne tombent que sur les imbéciles. Diffusé par les éditions 'Api Tahiti, le bouquin est disponible sur le fenua. Elle y dresse des portraits saisissants de personnages familiers, qui évoluent dans des situations déjantées, offrant alors au lecteur des occasions de rire, mais surtout de réfléchir. Rencontrez plutôt l'auteur qui jamais ne dévoile son identité, mais reste toujours droite dans ses pompes...



Interview de Maeva Takin : ""Je n’ai jamais supporté la langue de bois des politiques et leur prétention"

Que peut-on connaître de vous qui souhaitez garder l’anonymat ?
"À l’instar d’Elena Ferrante qui réussit à garder son anonymat plus de vingt-cinq ans, je reprendrais son propos :
« À l’époque, j’avais peur à l’idée d’avoir à sortir de ma coquille. La timidité l’emportait. Puis j’en suis venue à ressentir de l’hostilité pour les médias qui n’accordent pas d’importance aux livres en eux-mêmes, et les évaluent en fonction de la réputation de l’auteur. » Je fais partie de familles bien connues de la plupart des personnalités du fenua et du Caillou qui apparaissent dans certaines nouvelles. J’exerce toujours une fonction reconnue. Avec plus de détails, mon identification serait trop aisée. Je ne pourrais que conclure avec encore les propos d’Elena : « Maintenez l’auteur dans l’ombre et l’on découvre que le texte contient plus que ce que l’on imagine. Le texte prend possession de la personne qui écrit. Si nous voulons trouver cette personne, elle est là, sous nos yeux, en train de révéler son moi intérieur qu’elle-même ne connaît pas réellement. » Pour me connaître avec humour, découvrez mon ouvrage !"

Comment vous êtes-vous lancée dans l’écriture ?
"C’était un rêve qui remonte à mes années d’études. Les sujets que j’étudiais me passionnaient mais – de nature – j’essaie de tout regarder au second ou troisième degré. Il m’était apparu qu’on pouvait dire les mêmes choses que mes profs trop sérieux en les présentant autrement. Je notais des faits qui se déroulaient dans mon entourage, je sélectionnais des passages dans les livres que je lisais. Mon but ? Écrire quelque chose qui me ressemble : des textes enjoués, féroces et tendres tout à la fois. À vous de juger si j’y suis parvenue..."

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"COVID-FREE" : ON SERRE LES FESSES !

La croisière n’amuse vraiment plus ! Alors que la Polynésie a fait le pari de rouvrir notre destination au tourisme international, il aura fallu seulement deux semaines pour qu’un premier cas de Covid-19 soit détecté au fenua, à bord du Paul Gauguin. Avant que la compagnie maritime ne soit informée de la présence d’une croisiériste américaine contaminée et ne décide de rentrer au port de Papeete, le navire a fait escale à Bora Bora où les passagers ont participé à des activités de loisirs, ce qui corse l’affaire et rend impossible la traçabilité exacte des personnes mises en contact. Depuis le 15 juillet, à grand renfort de slogan "Covid-Free", le Pays a décidé d’ouvrir les écoutilles, sans soumettre les visiteurs à une "quarantaine", et l’on peut sérieusement s’interroger sur la pertinence de miser sur le tourisme de masse, et notamment les paquebots où l’on vit à huis clos, quand les pays et territoires voisins du Pacifique ont choisi, eux, de s’isoler et de protéger leurs populations.
Force est de constater que le dispositif mis en place a des failles, même si l’on persiste à nous faire croire le contraire. C’est pourquoi le Pays et l’État ont annoncé l’instauration d’une troisième "barrière" de contrôle, pour les croisiéristes uniquement : en plus du test de moins de 72 heures avant l’embarquement vers la Polynésie et de l’auto-test au quatrième jour (sans oublier la fiche de suivi du voyage sur la plateforme Etis pour les visiteurs extérieurs), toute personne souhaitant monter à bord d’un navire devra effectuer un examen supplémentaire le jour-même, qui sera pris en charge par le gouvernement. En revanche, ni le haut-commissaire ni le président de la Polynésie ne songent à imposer un confinement à l’arrivée des touristes internationaux avant le résultat de leur auto-test au quatrième jour, "sinon ils ne viendraient pas"… De même, un dépistage à plus grande échelle pour la population n’est pas à l’ordre du jour. "On n’en a pas besoin parce que le virus ne circule pas", considère ainsi Hervé Varet, directeur de l’Institut Louis Malardé.
Aujourd’hui, près de 15 000 emplois sont en effet menacés, essentiellement dans le secteur du tourisme, tandis que de plus en plus de fare tournent au café-pain-beurre. En outre, "le Pays n’a pas les moyens financiers nécessaires pour continuer à soutenir" le monde du travail "à moyen terme", a concédé Édouard Fritch, d’où l’emprunt de 28,6 milliards de Fcfp (la moitié de nos besoins financiers réels) à l’État français, amortissable sur vingt-cinq ans. Mais, pour pallier la crise économique, on n’a donc pas d’autre choix que de parier sur notre bonne étoile ? Serait-on en train de jouer à la roulette russe sous nos tropiques ? Surtout qu’un deuxième cas de coronavirus a été décelé, lundi soir, chez un personnel naviguant d’Air Tahiti Nui, à quelques jours de la rentrée scolaire… Les autorités essaient de nous rassurer, mais en réalité on croise tous les doigts et on serre les fesses ! Que faire d’autre ? Prier peut-être ?

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt

Dominique SCHMITT