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Transports en commun : et pourquoi pas la voie des airs ?


Vendredi 27 Juillet 2018 - écrit par Luc Ollivier


À défaut de prendre son envol, la réforme des transports en commun présentée il y a trois ans, et adoptée l’année dernière, pourrait prendre de la hauteur
si nos décideurs politiques se décidaient à prendre le virage de l’écologie et de l’économie, et de sortir du cycle infernal du tout-voiture. Le transport par télécabines pourrait être une alternative intéressante.



Crédit photo & photomontage : Taema Cuneo
Crédit photo & photomontage : Taema Cuneo
Le schéma directeur des transports collectifs et déplacements durables, sorti en juillet 2015, tarde à trouver écho malgré l’urgence d’une situation qui dure depuis des années, et que chaque gouvernement entend bien combattre… en discours. Car on ne peut nier que sur le terrain, la situation ne fait qu’empirer, ne serait-ce qu’en raison de l’accroissement de la population mais aussi d’une fréquentation touristique plus marquée. Les ralentissements sur le front de mer de Papeete à chaque arrivée de paquebots provoquent suffisamment de grogne de la part des usagers pour que, dans les ministères concernés, on tente de trouver des solutions. La construction d’une passerelle en fait partie, sera-t-elle suffisante ? Le tourisme est le moteur de notre économie, il ne faudra pas que la population le prenne en grippe.
Si on ne peut pas dire que le dossier du choix d’un ou plusieurs modes de transports collectifs est à l’arrêt, il se mue à la vitesse d’une voiture sur le front de mer de Papeete un jour d’école entre 6h30 et 7h00.
Un appel d’offre est lancé en 2014 pour l’étude qui a trait à l’élaboration du schéma directeur ; cette étude a été adoptée en août 2017 après avoir été présentée au CESC en 2016. Le cheminement a été particulièrement long, ce qui laisse penser que la priorité n’était pas celle annoncée. D’autres dossiers de grande envergure ont été conduits durant cette période, comme celui de la réforme de la PSG, mais le Pays n’est-il pas en mesure d’en mener plusieurs de front ?

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Le Tavini, roi de la com’ ?

L’annonce, le lundi 8 octobre devant la 4e commission de l’Organisation des Nations unies à New York par le leader indépendantiste Oscar Temaru, a fait l’effet d’une bombe. Dans sa tribune, il a dénoncé le colonialisme nucléaire et a annoncé avoir déposé une plainte (réceptionnée le 2 octobre) auprès du Tribunal pénal international de La Haye contre la France et ses présidents pour crime contre l’humanité.
La presse nationale, mais aussi mondiale, en a fait ses choux gras, tant cette action a surpris par son énormité. Si, au final, cette plainte n’a que très peu de chances d’aboutir, en raison de procédures juridiques, il n’en demeure pas moins que le Tavini a fixé sur lui les projecteurs, alors même que sa démarche de décolonisation onusienne s’enlise depuis 2013. De quoi forcer la France à s’asseoir à la table des négociations ? Rien n’est moins sûr, cette dernière considérant toujours que la Polynésie française n’est pas un pays non autonome. Après l’entrée l’année dernière du numéro 2 du parti à l’Assemblée nationale dans une tenue traditionnelle qui lui avait valu l’attention des médias nationaux, autres que celui de France Ô, le Tavini prouve une fois encore qu’il sait jouer avec la presse pour se faire entendre.
Les réactions locales et nationales n’ont pas tardé à se faire entendre, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, déplorant la méthode, et le président Édouard Fritch de rappeler, sur une télévision locale : "On utilise des actions de ce type-là pour rappeler que l’on existe. Ce sont des coups médiatiques, car je crois que le président du Tavini lui-même sait très bien que la plainte qu’il a annoncée contre les chefs d’État n’aboutira jamais. J’ai vu que l’Église protestante maohi aussi redépose une autre plainte… Mais pour aboutir à quoi ? Surtout que les effets annoncés ne verront pas leur aboutissement."
Pour aboutir à quoi ? Tout simplement, rappeler aux yeux du monde qu’une minorité de Polynésiens ne souhaite plus faire partie du giron républicain. Le Tavini se débat avec ses moyens et pivilégie le poids des Unes à celui des urnes.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Luc Ollivier