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7 MARS 1980, 30 JUIN 2020 : Les virages à 180 degrés de Gaston Flosse…


Jeudi 20 Août 2020 - écrit par Jean-Marc Regnault


Deux virages à 180 degrés est-ce possible ? Oui, mais cela voudrait dire retour à la case départ… si on était en géométrie ! Mais la politique n’est pas de la géométrie, ni même de la logique. Alors, où va-t-on si, en politique, on négocie deux virages à 180 degrés ?



De quoi s’agit-il ? Le 7 mars 1980, Gaston Flosse (précisons : G. Flosse et non le Tahoera’a) annonça qu’il était devenu plus autonomiste que les autonomistes (Francis Sanford, John Teariki et bien d’autres). Jusque-là, il était présenté comme un pourfendeur de l’autonomie, laquelle aurait mené à l’indépendance et à la misère. Puis, pendant quarante ans, il se fit le chantre de l’autonomie qu’il cherchait à élargir de plus en plus, mais il était toujours le pourfendeur de l’indépendance. Le 30 juin 2020, au JT de TNTV, il annonça un "changement de ligne politique" : l’autonomie était maintenant dépassée et il fallait se diriger vers un État souverain associé à la France. Problème : pour devenir un État associé, il faut passer par l’indépendance. Qu’à cela ne tienne, le "Vieux Lion" proposa un référendum d’autodétermination. Et il a bien l’intention de damer le pion aux indépendantistes "historiques" (autour d’Oscar Temaru) comme il l’avait fait avec les autonomistes historiques en 1980. Pour lui, "une certaine indépendance [suivez mon regard vers Faa’a], ça fait quarante-trois ans qu’on en entend parler et ça n’a pas avancé d’un centime (sic)". Certains médias ont rectifié en changeant "centime" par centimètre, mais c’est bien le premier terme que le "Vieux Lion" utilisa. Les psychanalystes s’en donneront à cœur joie. Il est vrai qu’un haut-commissaire avait écrit : "Il y a en [G. Flosse] une frénésie de pouvoir politique et d’affaires" (archives nationales, 10 août 1985)…
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Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT