Menu

Flambée de Covid+ : y a-t-il un pilote dans l'avion ou la Polynésie est-elle en roue libre ?


Vendredi 21 Août 2020 - écrit par Dominique SCHMITT


Tout semble hors de contrôle… Face à la flambée du nombre de cas confirmés de coronavirus au fenua, et ce à la veille de la rentrée scolaire, la grogne s'accentue de toute part. D'un côté, le Pays et l'État pointent du doigt le comportement de certains nouveaux arrivants et de résidents qui n'ont pas respecté les gestes barrières, et, de l'autre, la population s'insurge contre leur manque de réactivité et cette situation sanitaire qui aurait pu être évitée. "Ce n'est pas la faute des touristes", martèlent les autorités, sans remettre en cause les failles de leur dispositif, dont l'objectif était de relancer le tourisme... Pourtant, c'est bien en rouvrant nos frontières sans imposer de "quarantaine" et en faisant de simples "recommandations" que le Covid-19 a été réintroduit en Polynésie. Les organisations sociales et syndicales sont immédiatement montées au créneau pour réclamernotamment le retour à la "quatorzaine" et le report de la rentrée, en vain. Alors, sauver le tourisme, oui... mais peut-être pas à n'importe quel prix !



©Greg Boissy
©Greg Boissy
"Nous avions enregistré 62 cas en 5 mois, et aujourd’hui 71 cas en 4 jours. C’est de la décadence", a estimé le président de la Polynésie, le 11 août dernier lors de son allocution, suite à l'explosion de cas confirmés de Covid-19 au fenua. C'était le scénario redouté de tous depuis la réouverture des frontières le 15 juillet dernier. Le couperet est tombé une première fois au début du mois d'août, avec l'annonce d'un cas de Covid+, détecté chez une croisiériste américaine à bord du Paul Gauguin, puis de quatre autres cas. Lors d'une conférence de presse, Jacques Raynal, le ministre de la Santé, s'est voulu rassurant sur ces cinq cas (trois importés et deux locaux), répétant que "le système mis en place permettait de maîtriser la situation". Il a alors recommandé fortement aux nouveaux arrivants de rester au moins quatre jours à Tahiti et Moorea, avant de partir dans les îles, pour faire leur auto-test, mais a bien dû consentir que si cette condition était "nécessaire", "il n'y a aucune obligation". Et de lâcher : "Si les touristes ont fait des réservations de vols dans les îles, on ne peut pas les retenir ni les empêcher"…

Le ministre de la Santé a recommandé également le port du masque, mais, encore une fois, sans le rendre obligatoire, considérant que c'est "dans l'intérêt de la population". Et de justifier : "On ne va pas aller courir après un tel ou un tel pour le mettre en prison !" Oui, mais voilà, coup de tonnerre la semaine suivante, on apprend que 43 cas supplémentaires ont été confirmés en seulement deux jours ! Il aura fallu une malheureuse combinaison pour en arriver là : incivisme des uns, non-respect des gestes barrières des autres, le tout déclenché par des foyers de contagion ou clusters, sur fond de fêtes. C'est la grogne générale, la population est en colère après avoir été contrainte à un confinement général. "Pendant deux mois de confinement, on nous martèle de rester chez nous pour sauver des vies et aujourd’hui, on nous martèle qu’il faut vivre avec le virus ! On peut emmener nos enfants à l’école, inutile de reporter la rentrée des classes, même si les établissements scolaires ferment les uns après les autres…", s'ingurge une mère de famille. Surtout, c'est l'incompréhension : comment peut-on enregistrer 71 cas moins d'un mois après la réouverture du ciel, alors qu'il y en avait eu "seulement" 62, entre mars et juillet ! À quoi auront finalement servi le confinement, ainsi que l’enveloppe de plus de 11 milliards de Fcfp destinée à amortir l’impact économique ?
Un cumul d'aberrations relayées par la presse nationale et internationale avec plus ou moins d'ironie…
Pour lire l'intégralité de cet article, commandez Tahiti Pacifique n° 437 en cliquant ICI


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT