Menu

PANDÉMIE MONDIALE DE COVID-19 : À quel prix peut-on se passer du touriste extérieur en Polynésie française ?


Jeudi 20 Août 2020 - écrit par Bernard Poirine


Toutes les petites économies insulaires développées sont très ouvertes sur l’extérieur, car leur petit marché intérieur ne permet pas d’obtenir les économies d’échelle nécessaires pour développer une activité industrielle compétitive pour le marché intérieur. Les seules activités compétitives sont en général tournées presque entièrement vers l’exportation (tourisme et perle en Polynésie française, nickel en Nouvelle-Calédonie). Le prototype d’une économie insulaire ouverte est l’État de Hawaii, dont l’économie est entièrement tournée vers l’exportation de services touristiques, la consommation de produits manufacturés pour le marché intérieur étant importée quasiment à 100 %.



Ceci rend ces économies extrêmement vulnérables en cas de choc exogène sur leur activité d’exportation principale, à savoir actuellement le tourisme international, qui s’effondre partout dans le monde en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.
Les autorités font donc face à un dilemme sanitaire et économique : soit on profite de l’insularité pour fermer les frontières et ainsi limiter ou même éradiquer totalement l’épidémie (ce qui est possible, comme l’ont démontré la Nouvelle-Zélande et la Polynésie française), auquel cas les activités économiques tournées vers la satisfaction du marché intérieur peuvent reprendre normalement, mais on condamne à mort la principale activité d’exportation : le tourisme international ; soit on accepte les touristes internationaux, auquel cas on réintroduit le virus, malgré les multiples précautions prises, avec des résultats incertains concernant le tourisme étant donné les multiples incertitudes qui affectent les voyageurs internationaux, et on pénalise à nouveau les activités économiques tournées vers le marché intérieur, notamment celles qui concernent la restauration, les spectacles et les activités de loisir.
Quelle que soit la décision prise, il faut donc évaluer les coûts et les bénéfices, pour choisir la "moins pire" des solutions. Mais cette évaluation est rendue très difficile par les nombreux effets induits du tourisme. En terme d’emplois, on sait l’importance du secteur touristique en Polynésie française, d’autant plus qu’une perte d’emploi direct dans le tourisme signifie en fait au moins une autre perte d’emploi indirecte ou induite dans les autres secteurs de l’économie : les revenus perdus par les personnes licenciées dans le tourisme ne seront pas dépensés dans le commerce ; la fermeture des hôtels ou la baisse de leur fréquentation se traduiront par une baisse des achats de ces hôtels aux autres secteurs tels que l’agriculture, le commerce et le bâtiment, et par une baisse des recettes fiscales au niveau de la collectivité…
Pour lire l'intégralité de cet article, commandez Tahiti Pacifique n° 437 en cliquant ICI


Dossiers | L'Actu | Culture | Edito | Abonnement | Numéros | Archives | Pacifique | Grandes plumes | La chronique d'Alex Du Prel




Bas les masques !

Bas les masques !
Le spectre de la grève générale qu’a laissé planer l’intersyndicale en début de mois aura eu le mérite de démasquer les autorités. Lors des négociations avec les organisations syndicales et patronales, le Pays et l’État ont dû s’expliquer, sans pouvoir, cette fois, se défiler ; et leurs discours n’ont cessé de changer à propos de leur gestion de la crise Covid, allant jusqu’à se contredire. Après avoir exigé le confinement général de la population et mis l’activité économique à l’arrêt, puis rouvert d’un coup nos frontières pour sauver le tourisme extérieur, on nous dit aujourd’hui que le virus circule et qu’il n’y a plus besoin de multiplier les tests, puisque sa propagation est trop importante. Reste donc à “attendre l’immunité collective et, bien sûr, le vaccin”, voilà le nouveau discours officiel, qui, en parallèle, répète à l’envi que la Polynésie a déployé “l’un des dispositifs de sécurité sanitaire les plus complets au monde (sic)”. Le nombre de cas confirmés liés au coronavirus a franchi la barre des 1 000, les premiers morts ont été annoncés, les foyers de contagion se répandent désormais dans les quartiers populaires, l’économie locale est exsangue et la crise sociale, bien réelle… Notre fenua est passé de Covid-free à free Covid… Tout ça pour ça !
Désormais, au bord du précipice, nul autre choix que de nous endetter davantage pour rebâtir la Polynésie de demain, avec le plan de relance “Cap 2025” concocté dans son coin par M. Rohfritsch, Vice-président et ministre de l’Économie et des finances. Un programme quinquennal, avec une échéance courte de cinq ans, qui semble pourtant trop ambitieux, de l’avis des spécialistes. Mais ce problème ne sera pas celui de Teva, mais celui de son successeur... ayant démissionné le lendemain pour sa course aux sénatoriales 2020 ! Doudou est perdu, et Dodo s’en remet à Macron qui, lui, s’étouffe derrière son masque. Au pays de l’oncle Sam, Donald n’est pas en reste, puisqu’il aurait sciemment minimisé l’épidémie, selon les révélations du journaliste américain Bob Woodward, pour “ne pas faire paniquer la population” et “donner la priorité à l’économie”. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes. Ainsi font, font, font, trois p’tits tours et puis s’en vont…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique SCHMITT